Pour l'AIEA, l'Iran, la Syrie et la Corée du Nord ne remplissent pas leurs obligations

Le Directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, lors d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA. Photo: AIEA/D. Calma

17 septembre 2012 – Le Directeur général de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) a jugé lundi insuffisante la coopération de l'Iran, de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et de la Syrie pour résoudre les questions en suspens concernant leurs activités nucléaires respectives.

« Chaque cas est différent, mais ces pays ont un trait en commun : leur échec à remplir leurs obligations. Faire face à des cas tels que ceux-ci représente un des défis majeurs auxquels que devra relever l'Agence dans les années à venir », a estimé Yukiya Amano.

Les activités de vérification concernant ces trois pays figuraient au nombre des questions soulevées par le Directeur général dans le discours qu'il a prononcé lors de la Conférence générale annuelle de l'AIEA, qui a commencé ses travaux aujourd'hui à Vienne en présence de représentants des 155 États Membres.

« L'Iran ne fait pas preuve de la coopération nécessaire pour nous permettre de fournir des assurances crédibles quant à l'absence de matériaux et d'activités nucléaires non déclarés sur son territoire. Par conséquent, nous ne pouvons pas conclure que les matériaux nucléaires en Iran sont exclusivement destinés à des activités pacifiques », a-t-il expliqué.

Le programme nucléaire iranien – que Téhéran décrit comme pacifique – est une source de préoccupation pour la communauté internationale depuis la découverte, en 2003, des activités menées par ce pays depuis 18 ans en violation de ses obligations au titre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). L'Iran est suspecté par certains pays de chercher à se doter de l'arme nucléaire.

Le 10 septembre, M. Amano avait indiqué qu'en dépit de l'intensification du dialogue entre l'agence qu'il dirige et l'Iran depuis le début de l'année, aucun résultat concret n'avait été obtenu jusqu'à présent. Jeudi dernier, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA avait adopté une résolution exhortant l'Iran à pleinement respecter ses obligations en vertu des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et à répondre aux exigences du Conseil des gouverneurs

« L'Agence est fermement engagée en faveur du dialogue », a insisté le Directeur général. « Nous poursuivrons les négociations avec l'Iran sur la base d'une approche structurée visant à résoudre toutes les questions en suspens. J'espère que nous pourrons parvenir à un accord dans les meilleurs délais, qui sera suivi d'une mise en œuvre immédiate. »

M. Amano a également évoqué le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), jugeant « profondément préoccupantes » les déclarations faites récemment par les autorités de ce pays au sujet de l'enrichissement d'uranium et de la construction d'un réacteur à eau douce. Il a encouragé la RPDC à se conformer à ses obligations internationales.

S'agissant de la Syrie, le Directeur général a signalé qu'il était plus que probable qu'un bâtiment détruit sur le site de Dair Alzour ait dissimulé un réacteur nucléaire qui aurait du être déclaré à l'AIEA. « Je réitère ma demande à la Syrie de poursuivre les discussions avec l'Agence en vue de répondre aux questions en suspens », a-t-il ajouté.

M. Amano a en outre fait état de progrès dans la mise en œuvre du Plan d'action nucléaire de l'AIEA sur la sûreté nucléaire, adopté lors de la précédente Conférence générale, au lendemain de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi.

« Il est crucial que le Plan de sûreté nucléaire soit pleinement mis en œuvre. Nous ne devons jamais nous montrer complaisants. L'objectif ultime est de rendre l'énergie nucléaire aussi sûre qu'humainement possible partout dans le monde et de rétablir la confiance de l'opinion internationale dans son utilisation.»


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