Selon la CNUCED, les politiques d'austérité n'ont pas permis de renouer avec la croissance

Le Secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi. Photo: Horasis

12 septembre 2012 – Selon un rapport publié mercredi par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l'austérité budgétaire et la compression des salaires affaiblissent toujours plus la croissance dans les pays développés sans que soient obtenus les résultats escomptés en matière de réduction des déficits budgétaires, de création d'emplois et de rétablissement de la confiance des marchés financiers.

L'édition 2012 du Rapport sur le commerce et le développement de la CNUCED, intitulé « Politiques pour une croissance équitable et équilibrée », s'intéresse particulièrement aux inégalités de revenu et souligne que la réduction des disparités croissantes de richesse et de revenu aurait non seulement des effets sociaux positifs, mais favoriserait également une croissance économique plus forte.

« La CNUCED a depuis longtemps averti qu'un certain nombre de pays développés passaient trop vite de mesures de relance économique à des mesures d'austérité budgétaire. Faute de dépenses publiques suffisantes pour soutenir les marchés intérieurs, la demande de biens et services déjà faible, a stagné ou s'est affaiblie davantage encore » a souligné la CNUCED dans un communiqué de presse.

« Plutôt que de revigorer la confiance des entreprises et des marchés financiers, cela a alimenté le pessimisme des entreprises quant à l'avenir, d'où leur réticence à investir dans de nouvelles capacités de production ou à embaucher de nouveaux travailleurs », a-t-elle ajouté.

La croissance mondiale est passée de 4,1% en 2010 à 2,7% en 2011, d'après les chiffres du Rapport. La CNUCED s'attend à une poursuite de cette tendance en 2012 et annonce une croissance inférieure à 2,5%.

Le Rapport prévoit une croissance d'à peine 1% dans les pays développés cette année, avec une nouvelle récession dans l'Union européenne et une croissance d'environ 2% aux États-Unis et au Japon.

L'expansion économique dans les pays en développement et les pays en transition devrait être plus vigoureuse en 2012 − 5% et 4%, respectivement − tout en étant plus faible que les années précédentes. Grâce aux progrès observés dans plusieurs grands pays, le monde en développement est moins dépendant que par le passé des pays développés matures, et bénéficie d'une demande intérieure plus résiliente.

D'après le rapport, entre 2006 et 2012, les pays en développement ont représenté 74 % environ de la croissance de la production mondiale, contre 22 % seulement pour les pays développés. Dans les années 1980 et 1990, en revanche, les pays développés représentaient 75 % de la croissance mondiale, proportion tombée à un peu plus de 50 % entre 2000 et 2006.


News Tracker: autres dépêches sur la question

La CNUCED invite les places boursières à promouvoir les investissements financiers durables

En savoir plus



Coup de projecteur