Conseil de sécurité : la Représentante spéciale Landgren évoque la « success story » en devenir du Libéria

La Représentante spéciale Karin Landgren. Photo ONU/Rick Bajornas

12 septembre 2012 – « Depuis 2003, le Libéria est passé d'un État en déliquescence à un État engagé sur la voie de la démocratie et de la paix durable, qui peut désormais songer à exploiter son potentiel économique », a déclaré lundi, au Conseil de sécurité, Karin Landgren, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour ce pays.

Mme Landgren a estimé que le Libéria est en train de connaître « un véritable succès » et que la Mission des Nations Unies dans ce pays, dont elle est venue présenter les activités récentes, devait maintenant trouver un équilibre entre son retrait progressif et la nécessité de continuer son appui au Libéria dans des domaines cruciaux.

Mme Landgren a prévenu les membres du Conseil que les mesures de sécurité ne seraient pas suffisantes à elles seules pour assurer la stabilité, en l'absence de réconciliation nationale et de changements structurels pour faire face aux causes profondes du conflit que le Libéria a connu dans le passé.

« Une réconciliation nationale cohérente et inclusive doit être au centre du processus de paix libérien; c'est une priorité en matière de consolidation de la paix qui figure dans la Déclaration d'engagements mutuels, le pacte entre la Commission de consolidation de la et le Gouvernement du Libéria », a insisté de son côté le Président de la configuration Libéria de la Commission de consolidation de la paix (CCP), M. Staffan Tillander.

Avec un budget annuel de 672 millions de dollars pour l'exercice annuel 2011-2012, soit une augmentation de 25% par rapport à l'année précédente, le Libéria est sur le point de trouver les ressources nécessaires pour financer son secteur de la sécurité. Mais une récente étude de la MINUL et de la Banque mondiale sur les dépenses publiques du Libéria, montre qu'il faudra encore six à sept ans pour permettre au Libéria de prendre en charge les coûts de ses dépenses publiques, a noté la Représentante spéciale.

Mme Landgren a ainsi souligné la nécessité urgente de renforcer la formation et le recrutement de la police, en s'inquiétant de la baisse des moyens alloués à l'école de police en cette période cruciale.

Étant donné la porosité des frontières du Libéria et les problèmes politiques au sein de l'Union du fleuve Mano, la Représentante spéciale a également jugé urgent d'aider le gouvernement libérien à mettre en place des services d'immigration efficaces et professionnels. Une bonne capacité sécuritaire et une réglementation seront nécessaires pour que le public ait confiance dans le système, a-t-elle ajouté, avant de citer un projet de création de cinq centres de sécurité et de justice dont le premier devrait être terminé grâce au soutien de la CCP.

Mme Landgren a aussi souligné les efforts de la MINUL et de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) pour une stratégie globale conjointe visant à rétablir la sécurité dans les régions frontalières, en rappelant que les mouvements transfrontaliers d'éléments armés, ainsi que les trafics et la criminalité transnationale organisée ne menacent pas seulement le Libéria et la Côte d'Ivoire, mais toute la région de l'Afrique de l'Ouest. Cette coopération ne se limite pas aux questions sécuritaires, mais comprend aussi des éléments de réconciliation, de justice, et d'emploi sur le long terme, s'est-elle félicitée avant de saluer les effets dissuasifs de la surveillance aérienne.


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