La Représentante spéciale Zerrougui plaide pour une protection renforcée des enfants dans les conflits armés

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, s’addresse au Conseil des droits de l’homme, le 11 septembre 2002. Photo: Violaine Martin

11 septembre 2012 – La nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés a déclaré mardi qu'il fallait se mobiliser davantage pour empêcher les violations contre les enfants dans ce contexte, et la nécessité de poursuivre en justice les auteurs de tels actes.

Leila Zerrougui a lancé cet appel lors de son intervention devant le Conseil des droits de l'homme, à Genève, qui a ouvert hier les travaux de sa 21ème session. Mme Zerrougui a pris ses nouvelles fonctions le 4 septembre dernier, après avoir servi pendant quatre ans comme Représentante spéciale adjointe de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

Tout en saluant l'importance des verdicts rendus par la Cour pénale internationale (CPI) et le Tribunal spécial pour la Sierra Leone contre Thomas Lubanga et Charles Taylor, respectivement, Mme Zerrougui a estimé que le recours à la justice internationale pour lutter contre l'impunité devait compléter, et non remplacer, les travaux des juridictions nationales.

La Représentante spéciale a rappelé la complexité des situations et facteurs qui conduisent à l'enrôlement et l'utilisation des enfants, insistant sur la nécessité de renforcer les capacités des institutions nationales en matière d'enquête et de poursuites judiciaires.

« L'expérience démontre que la justice et la réconciliation ne peuvent se réaliser qu'au travers de mécanismes contraignant les auteurs de violations à rendre des comptes. Il est donc crucial de redoubler les capacités nationales d'un soutien international, pour que la justice puisse être rendue conformément aux normes internationales », a-t-elle précisé.

Mme Zerrougui a également souligné la nécessité de prévenir l'association des enfants avec les forces et groupes armés : « La prévention, pour être réussie, doit s'attaquer aux causes du recrutement, telles que la pauvreté, les injustices sociales et la survie. Pour beaucoup d'enfants et de jeunes, la scolarité et l'emploi sont les seules alternatives aux forces et groupes armés ».

Mme Zerrougui a également informé le Conseil des droits de l'homme des plans d'action signés entre l'ONU et les parties prenantes aux conflits pour la libération des enfants incorporés dans leurs rangs. Elle a noté que le Gouvernement de la Somalie était devenu le premier pays signataire d'un tel plan.