Libye : des experts de l'ONU demandent à Tripoli d'enrayer les destructions de sites soufis

Un manifestant libyen proteste contre la destruction d’un sanctuaire soufi à Tripoli. Photo MISNUL/Iason Athanasiadis.

10 septembre 2012 – Trois rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont vigoureusement condamné lundi la destruction de sites religieux et historiques soufis en Libye, ainsi que les tentatives d'intimidation et la force excessive employées à l'encontre de manifestants pacifiques opposés à ces actes de vandalisme.

« Ces destructions exigent une réaction rapide et rigoureuse de la part des autorités, sous peine de prendre de l'ampleur », ont prévenu les experts indépendants de l'ONU dans un communiqué de presse conjoint.

« Ces déprédations violent nombre de droits humains, dont la liberté de culte et le droit des minorités religieuses à la protection de leurs lieux de culte, ainsi que le droit à la protection et à l'accès à l'héritage culturel », ont-ils relevé en exhortant les autorités libyennes à prendre des mesures immédiates pour protéger les lieux menacés.

Les destructions de sites soufis ont débuté en octobre dernier à Tripoli et se sont poursuivies depuis dans d'autres régions du pays. En août 2012, le sanctuaire de Sidi Abdul-Salam al-Asmar Al-Fituri, situé dans la petite ville de Zliten, ainsi que la mosquée Al-Sha'ab, en plein centre de Tripoli, ont été détruites. Des tombeaux ont également été profanés et des bibliothèques prises pour cible.

« Ces attaques violent non seulement les droits des croyants, mais sont également porteuses de dangers pour les communautés rattachées à ces lieux », a fait observer quant à lui le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction, Heiner Bielefeldt.

« Ces actes délibérés sont des attaques intolérables contre l'identité, les croyances, l'histoire et la dignité », a renchéri la Rapporteuse spéciale dans le domaine des droits culturels, Farida Shaheed. « Derrière, se cache le désir d'éradiquer toute la diversité culturelle humaine ».

Les experts ont également exprimé leurs préoccupations devant l'absence de réaction des autorités et le recours à des menaces de représailles contre les personnes qui manifestaient contre la démolition de la mosquée Al-Sha'ab.

Pour sa part, l'experte indépendante de l'ONU sur les questions relatives aux minorités, Rita Izsak, s'est déclarée consternée par la « destruction gratuite et injustifiée de sites de première importance pour les minorités religieuses, sous les yeux des autorités indifférentes ».


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