Bahreïn : l'ONU consternée par les lourdes condamnations de militants des droits de l'homme

Des manifestants à Manama, à Bahreïn, en décembre 2011. Photo Al Jazeera English

6 septembre 2012 – La Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, Navi Pillay, a qualifié jeudi de regrettable la décision de la Cour d'appel de Bahreïn de confirmer les condamnations de 28 militants des droits de l'homme et de membres de l'opposition politique.

Ces individus avaient été condamnés l'année dernière par un tribunal militaire après avoir été accusés de vouloir renverser le gouvernement. Certains ont également été accusés d'espionnage. En septembre 2011, le gouvernement du Bahreïn a annoncé que leurs cas seraient transférés à un tribunal civil et mardi la Haute Cour d'appel a confirmé les condamnations.

« J'avais salué la décision du gouvernement du Bahreïn à transférer les cas vers un tribunal civil, puisque le fait de juger des civils par un tribunal militaire soulève des problèmes considérables d'équité, d'impartialité et de l'administration indépendante de la justice », a rappelépendante de la justice », a rappelé Mme Pillay.

« Mais maintenent, je suis très déçue de voir que les condamnations ont été confirmés lors de procès qui ont eu lieu à huit clos pour la plupart, étant donné la gravité des accusations, la faiblesses des preuves hormis des confessions, et les graves accusations de torture des prévenus et d'irrégularité des procédures pénales », a-t-elle ajouté.

Les procès en appel ont commencé de façon ouverte, mais la Cour a ensuite décidé de poursuivre à huit clos en invoquant des raisons de sécurité nationale.

« Aucun tribunal n'a pour l'instant répondu aux accusations des prévenus de torture en détention et de confessions forcées », a souligné la Haut Commissaire en rappelant le rapport de la Commission indépendante d'enquête du Bahreïn qui avait documenté les mauvais traitements infligés aux détenus afin de leur soustraire des confessions.

De son côté, le Secrétaire général de l'ONU Ban ki-moon a exhorté mercredi les autorités bahreïniennes à permettre à tous les inculpés d'exercer leur droit d'appel, et à leur assurer un procès en bonne et due forme.

Le Secrétaire général a réitéré son appel aux autorités du Bahreïn afin qu'elles garantissent l'application des principes du droit international relatif aux droits de l'homme, en particulier le droit à un procès équitable, à la liberté d'expression et à la liberté de réunion.

« Il saisit cette occasion pour appeler à nouveau le Gouvernement du Bahreïn à mettre entièrement en œuvre les recommandations soumises par la Commission d'enquête indépendante nationale », a indiqué le porte-parole du Secrétaire général dans une déclaration à la presse.

M. Ban a réaffirmé qu'il est convaincu que c'est par la voie d'un dialogue authentique et pleinement inclusif, qui réponde aux aspirations légitimes de tout le peuple du Bahreïn, qu'il sera possible de promouvoir la paix, la stabilité et la justice dans le pays.


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