Affaire Rachel Corrie : un expert de l'ONU dénonce la décision de justice israélienne

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Richard Falk.

30 août 2012 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Richard Falk, a exprimé sa « déception » et sa « consternation » à l'annonce de la décision d'un juge israélien de rejeter une plainte déposée par la famille d'une jeune militante pacifiste américaine morte écrasée par un bulldozer israélien en 2005.

« C'est une bien triste issue, avant tout pour la famille de Rachel Corrie qui avait déposé la plainte en 2005, mais également pour l'état de droit et pour l'espoir que la justice israélienne limite la violence exercée par l'État, particulièrement contre les civils innocents et non-armés dans les territoires occupés », a déclaré M. Falk dans un communiqué de presse.

La militante pacifiste américaine Rachel Corrie a été tuée en mars 2005 alors qu'elle manifestait contre la démolition de maisons palestiniennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Selon des témoins oculaires et la famille de la victime, les forces israéliennes ont délibérément écrasé la jeune femme à l'aide d'un bulldozer utilisé pour les démolitions, en dépit du fait qu'elle revêtait une veste orange fluo et se trouvait dans le champ de vision du conducteur du bulldozer.

L'armée israélienne affirme pour sa part que Mme Corrie se trouvait dans un territoire considéré comme une « zone de guerre » par Israël et que le conducteur de l'engin ne l'avait pas aperçue et donc que sa mort aurait été accidentelle, selon le juge Oded Gershon.

« La décision du juge représente une défaite pour la justice et la responsabilité et une victoire pour l'impunité de l'armée israélienne », a déploré M. Falk. « Elle contrevient de façon flagrante à la Convention de Genève, puisqu'elle impose à la force d'occupation une obligation inconditionnelle de protéger la population civile ».

M. Falk a rappelé que cette affaire s'inscrivait dans la continuité de plusieurs autres, révélant l'impunité dont jouissent les forces armées israéliennes, notamment pendant la guerre de Gaza de 2008-2009 qui a fait plus de 1.400 morts parmi la population civile, et plus récemment en 2010 lorsqu'un commando israélien a attaqué des bateaux turcs transportant des militants qui cherchaient à apporter une aide humanitaire à la population de Gaza sous blocus israélien.

« L'impunité a prévalu de manière systématique dans des cas documentés de violations du droit humanitaire international par les autorités israéliennes et dans plusieurs autres relevant du droit pénal israélien », a indiqué l'expert indépendant de l'ONU, en ajoutant que la famille Corrie avait été « à la merci » d'un système dont les décisions sont « une parodie de justice ».


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