Bahreïn: des experts demandent que cesse la persécution des militants des droits de l'homme

Des manifestants à Manama, à Bahreïn, en décembre 2011. Photo Al Jazeera English

23 août 2012 – Un groupe d'experts indépendants des Nations Unies a exprimé ses profondes préoccupations devant la campagne de persécution menée par les autorités du Bahreïn contre les militants des droits de l'homme dans le pays, appelant à la libération immédiate de l'un d'entre eux, récemment condamné à trois ans de prison.

« Il est temps pour les autorités de Bahreïn de se conformer aux droits d'expression, de réunion et d'association pacifiques et de libérer immédiatement les personnes se trouvant en détention arbitraire pour avoir exercé leurs libertés fondamentales », ont déclaré les experts dans un communiqué de presse du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.

Les experts appellent à la libération immédiate de Nabeel Rajab, condamné à trois ans de prison pour association illégale pour sa participation à un rassemblement pacifique en faveur des libertés fondamentales et la démocratie, notamment à une manifestation visant à dénoncer la détention d'un autre militant, Abdulhadi Al Khawaja.

« La condamnation de Najeel Rajad représente une nouvelle tentative flagrante du gouvernement de Bahreïn de museler les défenseurs des droits humains de base », a affirmé la Rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits de l'homme, Margaret Sekaggya. « Il doit immédiatement cesser sa campagne de persécution des militants des droits de l'homme dans le pays », a-t-elle ajouté.

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté de réunion et d'association, Maina Kiai, a souligné de son côté que « l'exercice de la liberté de réunion et d'association n'a pas à obtenir l'agrément préalable des autorités ». Il a relevé que la condamnation d'individus participant à des assemblées pacifiques au seul motif qu'ils n'ont pas fait la demande d'une autorisation était contraire au droit international.

M. Rajab purge actuellement une peine de trois mois de prison pour diffamation sur un site de réseau social. Après une série de reports, une décision devrait être rendue aujourd'hui sur cette condamnation par la Haute Cour d'Appel de Bahreïn.

« La répression constante de la liberté d'expression dans ce pays va à l'encontre du droit international et des normes internationales prévoyant qu'un individu ne peut être poursuivi en justice pour l'expression de ses opinions politiques », a rappelé de son côté le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue.

« Les autorités doivent maintenant prendre toutes les mesures afin de garantir la libre expression de tous les individus à Bahreïn, que ce soit sur les réseaux sociaux ou ailleurs », a-t-il ajouté.


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