Disparitions forcées : le Chili continue de faire face à des défis persistants

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Photo/Pierre Albouy

22 août 2012 – « Les enquêtes ouvertes sur les cas de disparitions forcées et les condamnations qui se sont ensuivies sont d'importantes réalisations pour le Chili dans la lutte contre l'impunité s'agissant des graves violations des droits de l'homme », se sont félicités deux expertes du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires au terme de leur mission dans ce pays. Elles ont toutefois reconnu qu'il restait d'importants défis à relever.

« En raison des faibles condamnations prononcées et d'autres largesses accordées, très peu des ravisseurs purgent actuellement une peine », ont commenté Mme Jasminka Dzumhur et Ariel Dulitzky. « La Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées requiert pourtant des États que les actes de disparitions forcées soient punis à la mesure de la gravité du crime commis », ont-elles ajouté.

Depuis le retour de la démocratie au Chili, d'importantes mesures ont été prises par ce pays pour rétablir vérité et justice, procéder aux réparations nécessaires et cultiver un devoir de mémoire concernant les graves violations commises sous la dictature militaire. Les différents mémoriaux constituent une reconnaissance collective nationale des violations et de leur condamnation unanime, ont souligné les experts. Mais l'État chilien devrait renforcer sa responsabilité et son leadership pour veiller à ce que ces initiatives, lancées le plus souvent par les familles des victimes, fassent partie d'une politique globale, cohérente et permanente.

« La validité du décret-loi de 1978 représente un danger caché et devrait être expressément rejeté », ont estimé les expertes, pour lesquelles d'importants défis demeurent, comme la lenteur des procédures judiciaires et les retards de mise en œuvre de la justice militaire, mais aussi le fait que le crime de disparition forcée ne soit pas reconnu à part entière et l'absence d'un plan national pour rechercher les personnes disparues.

Mme Dzumhur et Dulitzky, deux des cinq membres du groupe, se sont rendues au Chili du 13 au 21 août afin d'y évaluer les différentes initiatives et politiques lancées par le Chili sur les disparitions forcées ou involontaires. Les informations collectées à cette occasion figureront dans un rapport qui sera présenté au Conseil des droits de l'homme lors de sa session de mars 2013.


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