Il faut renforcer l'aide humanitaire auprès de 2,5 millions de Syriens, plaide Valerie Amos

La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires Valerie Amos parle à des enfants déplacés à Damas en Syrie. Photo: OCHA/Ben Parker

16 août 2012 – Près de 2,5 millions de personnes font face au plus grand dénuement en Syrie, sur fonds de poursuite des combats dans les zones peuplées par des civils, a déclaré jeudi la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, en lançant un appel au gouvernement et aux donateurs pour faciliter le travail des ONG présentes sur le terrain.

« Nous pouvons faire davantage dans les zones qui sont suffisamment sûres et où nous avons réussi à établir des partenariats solides avec les ONG et le Croissant rouge arabe syrien », a affirmé Valerie Amos, alors que son déplacement de trois jours en Syrie et au Liban touche à sa fin.

Également Coordonatrice des secours d'urgence des Nations Unies, Mme Amos s'était rendue dans la région pour y évaluer en personne l'impact d'un conflit qui ne cesse de s'intensifier et discuter des moyens de renforcer l'assistance auprès des populations en détresse.

La Secrétaire générale adjointe a indiqué que les familles déplacées qu'elle avait rencontrées au cours de sa visite à Damas et An Nabk étaient épuisées et anxieuses, sans espoir immédiat de pouvoir rentrer chez elles. Soumises à des expériences traumatisantes, elles ont trouvé refuge dans des bâtiments publics et des écoles, où leurs besoins sont de plus en plus importants, qu'il s'agisse de soins de santé, de logements, de nourriture, d'eau et d'assainissement.

« De mois en mois, les Nations Unies et leurs partenaires parviennent à prêter assistance à des populations de plus en plus nombreuses, mais sans pouvoir répondre tous leurs besoins », a relevé Mme Amos, particulièrement préoccupée par l'approche de la rentrée des classes dans un contexte où les établissements scolaires sont occupés par les déplacés.

« Il n'y a pas de raison que les Syriens ordinaires – hommes, femmes et enfants – ne puissent recevoir toute l'aide dont ils ont besoin », a-t-elle ajouté, soulignant qu'elle continuait à faire pression sur le gouvernement pour qu'il se montre plus flexible dans son approche des opérations humanitaires.

Près de 17.000 personnes, principalement des civils, ont trouvé la mort dans le conflit qui déchire la Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime du Président Bachar Al-Assad, il y a environ 17 mois. Au cours de la nuit dernière, des informations ont fait état d'une escalade de la violence dans plusieurs villes et villages, ainsi que dans les deux plus grandes métropoles du pays, Damas et Alep.

« La violence s'est intensifiée et est trop souvent aveugle. Toutes les parties doivent protéger les civils », a enjoint Mme Amos.

La Coordonatrice a fait état d'un plus d'un million de déplacés, alors que peut-être un million de personnes auraient des besoins urgents sur le plan humanitaire en raison de l'impact de la crise sur l'économie et les moyens de subsistance. Elle a rappelé qu'à l'issue de sa visite précédente en mars, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avait estimé qu'un million de personnes déjà étaient en situation de détresse.

« Avec désormais 2,5 millions de nécessiteux, nous nous efforçons de mettre à jour nos programmes et besoins de financement », a-t-elle expliqué, notant que l'insécurité et les restrictions étaient seulement une partie du problème. « Le manque de fonds aussi freine notre action. » Remerciant les donateurs ayant déjà contribué aux efforts humanitaires, elle a appelé les partenaires internationaux à faire preuve d'une plus grande générosité.


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