Un expert de l'ONU appelle la Colombie à privilégier le dialogue avec une tribu autochtone

Le rapporteur spécial James Anaya. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

9 août 2012 – Un expert indépendant des Nations Unies a appelé aujourd'hui le gouvernement de la Colombie à privilégier le dialogue avec les autorités autochtones dans l'état de Cauca afin de trouver une solution à la récente présence militaire sur leur territoire, à l'origine de troubles.

« J'encourage toutes les parties à redoubler d'efforts pour réaliser des progrès dans le cadre de ce processus», a déclaré le Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones, James Anaya. « Le processus doit progresser dans un esprit de bonne foi et aboutir à des solutions conformes aux principes fondamentaux des droits de l'homme. »

Le dialogue a débuté après que les chefs de la tribu Nasa, établie dans le nord de Cauca, ont commencé de prendre des mesures en vue de déloger des membres des forces gouvernementales, ainsi que des miliciens des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui occupaient leur territoire.

Selon des informations, des affrontements se sont déroulés entre militaires et forces des FARC au cours des jours précédents, causant des dégâts aux propriétés autochtones et faisant plusieurs blessés.

M. Anaya a invoqué le droit des peoples autochtones à jouir pleinement de leur autonomie sur leur propre territoire et la nécessité pour le gouvernement de consulter leurs autorités avant d'y établir une présence militaire, comme le prévoit la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Adoptée en 2007 par l'Assemblée générale, cette Déclaration reconnaît les droits des peuples autochtones à l'autodétermination, à poursuivre librement leur propre développement économique, social et culturel, ainsi qu'à perpétuer et renforcer leurs institutions, leur culture et leurs traditions.

Le Rapporteur spécial a appelé le Gouvernement et les autorités de Nasa à agir rapidement pour garantir la sécurité des peuples autochtones de la région, tout en respectant leurs droits à la liberté d'expression et d'association.

« Il est essentiel de prendre toutes les mesures nécessaires pour inverser la dynamique de violence qui touche actuellement les peuples de Cauca et assurer que la présence militaire ne contribuera pas à provoquer des situations qui pourraient les mettre en danger », a-t-il dit.

M. Anaya a reconnu la complexité de la situation, s'agissant de la double responsabilité qui incombe au gouvernement, chargé de maintenir l'ordre public mais aussi de répondre aux préoccupations des peuples autochtones en matière de sûreté et de respecter leurs institutions et leur autorité.


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