Selon l'OMS, la Syrie a un besoin urgent de médicaments

Un membre du personnel du Programme alimentaire mondial (PAM) interviewe une famille syrienne dans le cadre de l’évaluation des besoins alimentaires d’environ 1,5 million de personnes au cours des 3 à 6 prochains mois. Photo: PAM.

7 août 2012 – L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mardi que la Syrie manquait cruellement de médicaments et de produits pharmaceutiques.

« L'escalade récente des combats a causé des dégâts considérables aux usines pharmaceutiques situés aux alentours des villes d'Alep, Homs et Damas, qui représentent 90% de la production nationale. Nombre d'entre elles sont à présent fermées, provoquant une grave pénurie de médicaments », a expliqué un porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, lors d'un point de presse à Genève. Avant la crise, la Syrie produisait 90% de ses médicaments.

Au cours des derniers jours, la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS) a reçu des informations faisant état d'une escalade de la violence dans de nombreuses villes du pays, notamment à Damas et Alep, les deux plus grandes métropoles syriennes. Des combats violents se seraient déroulés dans le centre historique d'Alep et la ville aurait été bombardée par l'artillerie et l'aviation.

D'après l'OMS, parmi les médicaments les plus demandés se trouvent ceux utilisés pour traiter la tuberculose, l'hépatite, l'hypertension, le diabète et les cancers. Des produits chimiques indispensables pour les analyses de sang sont également nécessaires de toute d'urgence afin d'assurer la sécurité et la qualité du sang utilisé dans le cadre des transfusions faites lors des opérations chirurgicales ou en cas d'hémorragies.

« Le secteur de la santé a été gravement perturbé dans les zones de conflit, où des hôpitaux et cliniques ont été fermés, endommagés ou occupés par l'une ou l'autre des parties au conflit », a indiqué M. Jasarevic, avant d'ajouter : « Les structures de santé publique sont souvent inaccessibles en raison de la poursuite des violences et du manque de moyens de transport ».

Selon le porte-parole, l'une des difficultés majeures du personnel de l'OMS sur le terrain reste l'accès aux nécessiteux. En coopération avec le Ministère de la santé syrien et le Croissant rouge arabe syrien, l'OMS s'efforce depuis le début de la crise de répondre aux besoins de santé de la population.

« Ces besoins incluent la fourniture d'ambulances, la mise en état de dispensaires mobiles, la fourniture de médicaments et d'équipements médicaux pour plus de 700.000 personnes », a déclaré M. Jasarevic en précisant que le Ministère de la santé aurait perdu au moins 200 ambulances au cours des dernières semaines.

De son côté, la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Elisabeth Byrs, également présente lors du point presse, a indiqué qu'une aide alimentaire était en cours de distribution à Alep afin d'y couvrir les besoins de 28.000 personnes pour les jours à venir.

Depuis que les combats se sont intensifiés dans cette ville du nord du pays, le PAM a prêté assistance à près de 46.000 personnes. Pendant le mois de juillet, il a distribué des vivres à 541.575 personnes en Syrie, dans presque toutes les provinces du pays.

« Suite à l'escalade de la violence à Damas le 18 juillet, il est devenu très difficile de trouver les véhicules nécessaires à l'envoi de l'aide ainsi que la main d'œuvre nécessaire pour préparer les colis », a souligné Mme Byrs.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), seulement 69 millions ont été débloqués jusqu'à présent par les bailleurs de fonds dans le cadre du plan d'aide d'urgence à la Syrie, d'un montant de 180 millions de dollars.


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