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Syrie : Pillay prévient des conséquences des violations du droit international

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, lors d'une réunion de l'Assemblée générale, le 16 juillet 2012. ONU Photo/JC McIlwaine.

27 juillet 2012 –
La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exprimé vendredi sa consternation devant la menace qui pèse sur les civils en Syrie et exhorté le gouvernement de ce pays et les groupes d'opposition armés à respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international, sous peine de devoir en affronter les conséquences.

« La responsabilité première de protéger les civils contre toutes les formes de violence revient au gouvernement », a rappelé Mme Pillay dans un communiqué de presse. « Si les forces gouvernementales ont permis à des civils de quitter les zones de combats en certaines occasions, elles ne l'ont pas fait dans d'autres, contrairement à ce que prévoit le droit humanitaire international ».

« Les civils et les structures civiles doivent être protégés à tout moment. Toutes les parties prenantes doivent veiller à distinguer civils et militaires », a-t-elle insisté. Mme Pillay s'est dit particulièrement préoccupée par la possibilité d'une confrontation majeure à Alep, la plus grande ville du pays après la capitale Damas.

« J'ai reçu des informations, qui restent à confirmer, selon lesquelles des atrocités, dont des exécutions extrajudiciaires et des tirs de snipers, auraient été constatées dans les banlieues de Damas. L'utilisation de plus en plus fréquente d'armes lourdes, de chars, d'hélicoptères de combat et même d'avions de chasse dans des zones urbaines ont déjà fait de nombreuses victimes civiles », a déploré Mme Pillay.

En outre, a-t-elle poursuivi, entre un million et un million et demi de Syriens ont été forcés de quitter leur foyer, le plus souvent dans le cadre ce que Mme Pillay a qualifié de « tendance discernable » des forces gouvernementales à dégager les zones occupées par des forces d'opposition.

Le mode opératoire est le suivant, a-t-elle expliqué : lorsqu'un quartier ou un village est encerclé, l'approvisionnement en eau, en électricité et en vivres y est coupé, avant qu'il ne soit pilonné par des tirs d'artillerie. Les véhicules blindés entrent alors en scène, suivis de troupes qui, selon des informations, exécutent souvent de façon sommaire les personnes suspectées d'appartenir aux forces d'opposition, même si parfois elles sont seulement arrêtées. « Les corps sont parfois ensuite incinérés ou emportés ».

Mme Pillay a précisé qu'elle disposait d'informations selon lesquelles des forces d'opposition se seraient rendues coupables d'actes de torture et d'exécutions.

« Les assassinats et les tueries ciblés, qu'ils soient commis par les forces du gouvernement ou par les groupes d'opposition, peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité. La torture est également proscrite en toutes circonstances », a rappelé Mme Pillay. « Même si cette question relève de la justice, je suis convaincue par les preuves réunies par des sources crédibles, que des crimes contre l'humanité ont été commis, et continuent de l'être, en Syrie ».

« Les auteurs de ces actes doivent comprendre qu'ils n'échapperont pas à la justice. Le monde n'oublie pas et ne pardonne pas ce genre de crimes. Cela s'applique aussi bien aux forces d'opposition qu'aux forces du gouvernement », a-t-elle prévenu.

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