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Pillay exhorte l'Éthiopie à revoir sa législation antiterroriste liberticide

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, lors d'une réunion de l'Assemblée générale, le 16 juillet 2012. ONU Photo/JC McIlwaine.

18 juillet 2012 –
La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, s'est déclaré mercredi profondément préoccupée par le climat d'intimidation qui pèse sur les militants des droits de l'homme et les journalistes en Éthiopie, à la suite de l'adoption de lois « excessivement vagues » sur le terrorisme et l'enregistrement de la société civile.

« Les récentes condamnations de 20 Éthiopiens, dont le bloggeur Eskinder Nega, des journalistes et des figures de l'opposition, sous le régime de la loi antiterroriste a mis en évidence la situation précaire des journalistes, des défenseurs des droits de l'homme et des critiques du gouvernement », a indiqué Mme Pillay dans une déclaration à la presse.

« Les peines très sévères prononcées contre des journalistes et d'autres au cours des derniers mois et les restrictions excessives imposées à des ONG de défense des droits de l'homme dans ce pays ont eu pour effet d'étouffer la contestation et de saper considérablement la liberté d'expression et d'opinion en Éthiopie », a-t-elle ajouté.

Mme Pillay a exprimé ses regrets de constater le recul d'une société civile autrefois si vibrante à mesure que son champ d'action se restreint sous l'effet de cette loi, adoptée en 2009, sur les « charités et les sociétés ».

« La réduction drastique du nombre d'organisations travaillant dans le domaine des droits humains, et en particulier sur les droits civiques et politiques, est profondément préoccupante », a affirmé la Haut Commissaire.

La Commission africaine des droits humains et des droits des peuples a elle aussi exprimé sa profonde préoccupation devant l'arrestation de journalistes et de membres de l'opposition politique accusés de terrorisme et de trahison simplement pour avoir exercé leurs libertés d'expression et d'associations légitimes.

« Les lois destinées à lutter contre le terrorisme doivent être conformes aux dispositions des conventions internationales et de la Charte africaine des droits de l'homme, ainsi que d'autres instruments internationaux ratifiés par l'Éthiopie. Les définitions excessivement larges utilisées dans ce texte de loi antiterroriste de 2009 ne peuvent que déboucher sur la pénalisation de l'exercice des droits humains fondamentaux », a relevé Mme Pillay.

La Haut Commissaire a exhorté le gouvernement éthiopien à revoir sa législation sur la lutte contre le terrorisme et sur la société civile, ainsi que l'application des lois par les tribunaux, afin d'assurer la conformité avec les standards internationaux des droits de l'homme.

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