Selon l'OMS, les enfants handicapés risquent davantage d'être exposés à des violences

Un enfant atteint d’un handicap au Timor-Leste.

12 juillet 2012 – Selon une étude de l'OMS, les enfants handicapés risquent quatre fois plus que des enfants ne souffrant pas de handicap d'être victimes de violences.

Publiée jeudi dans la revue médicale « The Lancet », cette étude conclut que les enfants handicapés encourent aussi presque trois fois plus de risques d'être victimes d'actes de violence sexuelle. Les enfants atteints d'un handicap résultant d'une maladie mentale ou de déficiences intellectuelles sont les plus vulnérables, avec un risque presque cinq fois plus élevé d'être l'objet de violences sexuelles.

« Les résultats de cette étude prouvent l'existence d'une vulnérabilité disproportionnée des enfants handicapés, dont les besoins ont été négligés beaucoup trop longtemps », assure le Directeur du Département de la Prévention de la violence et du traumatisme et handicap à l'OMS, le Dr Etienne Krug.

La stigmatisation, les discriminations et le manque d'information concernant les handicaps, de même que l'absence de soutien social aux personnes s'occupant d'enfants souffrant de handicaps, sont les facteurs à risque les plus communs. Le placement en institution d'enfants handicapés les rend également plus vulnérables aux risques de violences. Dans ces milieux et ailleurs, les enfants souffrant de handicap mental ont une moindre capacité à communiquer les expériences abusives.

« Nous savons qu'il existe des stratégies spécifiques de prévention des violences et d'atténuation de leurs conséquences. Il nous faut maintenant déterminer si elles sont aussi efficaces pour les enfants handicapés. Un programme d'action doit être établi », a plaidé le Dr. Krug.

L'enquête de l'OMS recense les éléments disponibles les plus solides concernant les violences à l'encontre d'enfants handicapés. Elle s'appuie sur une série de 17 études collectant des données sur 18.374 enfants handicapés vivant dans des pays à haut revenu – Espagne, États-Unis, Finlande, France, Israël, Royaume-Uni et Suède –, et fait ressortir le besoin urgent de mener des recherches de qualité dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Certains programmes de visite dans les centres de soins, ainsi que des formations visant à améliorer l'encadrement parental, ont prouvé leur efficacité pour éviter les violences à contre des enfants ne souffrant pas de handicap. La priorité devrait donc être de mettre en œuvre ces mesures prometteuses et d'autres, décrites dans le Guide sur la prévention de la maltraitance des enfants, publié par l'OMS, au service des enfants handicapés, ainsi que les dispositions de la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations Unies.


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