L'UNICEF met en garde contre l'émergence d'une épidémie de choléra au Sahel

Le choléra est causé par de l’eau contaminée.

10 juillet 2012 – Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a exprimé mardi son inquiétude devant la détérioration de la situation dans la région du Sahel, où les cas de choléra se sont multipliés récemment sous l'effet de la saison des pluies. Près de 60 victimes ont déjà été recensés et de nombreux enfants malnutris sont en danger de mort.

La semaine dernière, l'épidémie de choléra a tué deux enfants dans le nord du Mali et contaminé 34 personnes selon le Ministère de la santé de ce pays. Rien que cette année, la maladie a fait presque 700 victimes dans les sous-régions de l'Afrique centrale et de l'Afrique de l'Ouest et plus de 29.000 cas ont été recensés jusqu'à présent.

Selon les estimations de l'UNICEF, rien qu'au Niger, 400.000 enfants, exposés au risque de contracter le choléra en buvant de l'eau contaminée, auront besoin d'être traités pour malnutrition aiguë.

Le choléra est une maladie récurrente au Sahel. L'année dernière, plus de 67.000 cas ont été recensés, principalement autour du bassin du lac Tchad. Cette année, l'épidémie semble s'être propagée plus à l'ouest, autour du Mali et du Niger, où son impact a été démultiplié par la vague de déplacements provoqués par le conflit dans le nord du Mali.

« La malnutrition, les déplacements et maintenant les précipitations dans certaines zones du Sahel sont autant de facteurs favorisant la propagation du choléra, qui frappe principalement les enfants en bas âge », a expliqué le Directeur régional par intérim de l'UNICEF en Afrique centrale et de l'Ouest, Manuel Fontaine, dans un communiqué de presse.

« À moins de redoubler d'efforts, le choléra continuera de décimer les populations les plus vulnérables au Sahel et d'avoir des conséquences dévastatrices sur d'autres zones peuplées », a-t-il ajouté.

Pour contrer les épidémies de choléra, l'UNICEF coopère avec les gouvernements, les autres agences onusiennes sur le terrain et les partenaires locaux pour garantir un accès à l'eau potable, améliorer les systèmes d'assainissement et sensibiliser les populations locales aux meilleurs moyens d'endiguer la maladie.

« Le choléra démontre à quel point le problème de la malnutrition est lié à la consommation d'eau non potable et au manque d'assainissement et d'hygiène. Un enfant âgé de moins de cinq ans en train de se remettre de malnutrition aiguë aura de nouveau besoin de traitement des jours ou des semaines après avoir bu de l'eau contaminé », a expliqué le Dr. Guido Gorghese, Conseiller principal de l'UNICEF sur le développement et la survie des enfants en Afrique centrale et de l'Ouest.

« À trop attendre, il ne sera plus possible d'endiguer l'épidémie. Encourager les populations à risque à se laver les mains, traiter les malades et mettre à disposition de l'eau potable sont parmi les moyens les plus efficaces pour y parvenir », a-t-il ajouté.


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