L'ONU propose des nouveaux mécanismes de financement du développement

Robert Vos, lors du lancement du Rapport sur la situation économique et sociale dans le monde en 2012.

5 juillet 2012 – Dans l'édition 2012 du rapport sur la situation économique et sociale dans le monde, paru jeudi, les Nations Unies proposent une série de mécanismes financiers pour lever 400 milliards de dollars par an à l'appui du financement des besoins de développement, alors que de nombreux pays ont baissé leurs contributions en raison de la crise économique mondiale.

« Les pays donateurs n'ont pas rempli leurs engagements et l'aide au développement a par conséquent été en baisse l'an dernier. Les réductions budgétaires ont creusé un déficit d'un montant de 167 milliards de dollars », a expliqué l'auteur principal du rapport, Rob Vos, du Département des affaires économiques et sociales de l'ONU (DESA).

« Bien que les bailleurs de fonds doivent respecter leurs engagements, il est temps d'examiner d'autres façons de mobiliser les ressources pour financer les besoins de développement et faire face à des défis mondiaux, tel que les changements climatiques », a-t-il ajouté. « Nous proposons plusieurs solutions pour lever les fonds grâce à des mécanismes internationaux, tels que des taxes sur les émissions de gaz carbonique, le transport aérien ou les transactions financières ».

Le rapport indique que même si les initiatives de financement existantes fonctionnent, les perspectives de les renforcer et de les multiplier sont trop limitées pour répondre aux besoins de financement des projets de développement pour les décennies à venir.

« De telles taxes sont économiquement fondées, puisqu'elles contribuent à stimuler la croissance verte et à réduire l'instabilité des marchés financiers. Ces mécanismes aideront les bailleurs de fonds à surmonter leur historique de promesses non tenues pour le bien commun », a précisé M. Vos.

Selon le DESA, une taxe sur les transactions financières serait également utile pour réduire la marge de profit et donc le volume des transactions informatisées de haute fréquence qui peuvent être nocifs pour les marchés financiers. Une telle taxe permettrait également de taxer un secteur qui échappe largement à la contribution collective.

« La taxe sur les transactions financières est progressive, puisqu'elle touche moins les pauvres qui n'effectuent pas beaucoup de transactions avec les institutions financières que les personnes fortunées. Elle est techniquement faisable et économiquement justifiée. Selon le DESA, elle permettrait de lever les fonds nécessaires pour le développement au niveau mondial.


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