Un expert de l'ONU rappelle la responsabilité des États dans la lutte contre le racisme

Mutuma Ruteere, Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée.

3 juillet 2012 – Lors d'un dialogue interactif mardi au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, Mutama Ruteere, a déclaré que la lutte contre le racisme impose la remise en question d'attitudes et de stéréotypes racistes, en particulier par l'adoption de mesures de prévention.

La prévention et la lutte contre le racisme est d'abord une responsabilité des États, a insisté le Rapporteur spécial, et la participation des groupes marginalisés dans la vie publique et politique est cruciale. Le Rapporteur spécial a par ailleurs présenté une étude sur les menaces que font peser les partis politiques extrémistes sur les droits de l'homme et la démocratie, ainsi que sur l'utilisation d'Internet et des médias sociaux par les partis et groupes extrémistes.

« Les partis politiques et mouvements extrémistes restent un défi considérable, notamment dans le contexte de la crise économique et financière actuelle. Des groupes vulnérables ont été accusés d'être responsables de la hausse du chômage et de l'endettement des États et de menacer la qualité de vie de la majorité de la population par les partis politiques extrémistes », a expliqué M. Ruteere au Conseil des droits de l'homme à Genève.

« Je suis particulièrement préoccupé par l'adoption d'un discours ouvertement raciste, xénophobe et nationaliste par des partis politiques traditionnels. À cause de leur autorité morale aux yeux d'une grande partie de la population, les dirigeants des partis politiques devraient s'abstenir de tels discours et condamner plutôt fermement les messages qui propagent la haine et incitent à la discrimination raciale et la xénophobie », a-t-il ajouté.

Le Rapporteur spécial a mis en garde contre le fait que l'impunité pour des crimes racistes et xénophobes encourage la multiplication de tels crimes. Il a appelé les États à ouvrir immédiatement des enquêtes indépendantes sur de tels crimes afin d'assurer que les responsables soient sanctionnés et que les victimes aient accès à une réparation.


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