Soudan du Sud: l'ONU demande une enquête sur les violences dans l'État de Jonglei

Des femmes et leurs enfants déplacés par les tensions ethniques près de Pibor, dans l’Etat de Jonglei, au Soudan du Sud.

25 juin 2012 – La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a exhorté lundi le Soudan du Sud à mettre en place un plan de lutte contre les violences dans l'État du Jonglei, suite à la publication des conclusions d'une enquête sur les attaques intercommunautaires qui ont fait des centaines de victimes entre fin 2011 et début 2012.

Rédigé par la MINUSS avec le soutien du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, le rapport liste les crimes et violations des droits de l'homme perpétrés lors de la flambée de la violence entre les communautés Murle et Lou Nuer.

Durant 12 jours en décembre dernier, entre 6.000 et 8.000 jeunes gens armés appartenant majoritairement à la communauté Lou Muer ont lancé une série d'attaques contre des zones habitées par les membres de la communauté Murle. Entre le 27 décembre 2011 et le 4 février 2012, des miliciens Murle ont lancé en représailles des attaques dans des zones habitées par les Lou Nuer et les Bor Dinka.

« L'absence de protection de la population civile par les autorités sud-soudanaises, ainsi que l'absence d'enquête et d'établissement des responsabilités ont probablement contribué à l'aggravation de ce cycle d'attaques marqué par des actes de cruauté délibérés », affirme le rapport de la MISNUSS.

La violence a coûté la vie à près de 900 personnes, tandis que des femmes et des enfants ont été enlevés, des maisons détruites et des milliers de civils déplacés.

« Afin de mettre définitivement fin aux violences à Jonglei, il faut veiller à ce que les auteurs de ces actes soient traduits en justice dans le cadre d'un processus de paix véritable placé sous l'autorité de l'État », a enjoint la chef de la MINUSS, Hilde Johnson, dans un communiqué de presse.

Au nombre de ses neuf recommandations, le rapport préconise l'ouverture immédiate d'une enquête pour faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles a éclaté la crise au Jonglei. Il demande aussi la poursuite en justice de tous les responsables des violences.

« Il est primordial que les faits soient connus et les auteurs et commanditaires tenus responsables », a plaidé de son côté la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, qui s'est rendue dans la région au mois de mai dernier.


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