RDC : Navi Pillay dénonce les crimes graves commis par les mutins du M23 dans l'est du pays

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo: HCDH

19 juin 2012 – Préoccupé par l'insécurité qui règne dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où se poursuivent les combats entre l'armée congolaise et le mouvement M23, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme a appelé toutes les parties à prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection de la population civile.

« Les dirigeants du M23 figurent parmi les auteurs des pires violations des droits de l'homme en RDC, et même dans le monde», a dénoncé Navi Pillay. «Beaucoup d'entre eux ont un passé consternant, marqué par des allégations de participation à des viols collectifs, à des massacres et au recrutement et à l'utilisation d'enfants.»

« Beaucoup d'entre eux pourraient être tenus pour responsables de crimes de guerre», a-t-elle ajouté. «Il est à craindre qu'ils imposent davantage d'horreurs à la population civile en se prenant aux villages situés dans l'est de la RDC. » Rien qu'au Nord-Kivu, les affrontements entre l'armée congolaise ont déjà provoqué la fuite d'environ 218.000 personnes depuis avril dernier.

Début avril, dans la province du Nord-Kivu, une mutinerie a éclaté au sein de l'armée congolaise après les fortes pressions exercées par la communauté internationale auprès du gouvernement congolais pour faire arrêter et transférer à la Cour pénale internationale le général Bosco Ntaganda, poursuivi pour de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Anciens rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) qui avaient été intégrés dans l'armée congolaise, les mutins se sont regroupés au sein du « mouvement du 23 mars », sous la direction du colonel Sulutani Makenga et, dans un premier temps, de Bosco Ntaganda, qui s'en est désolidarisé depuis.

Les mutins revendiquent l'application des accords de paix signés le 23 mars 2009 entre les rebelles du CNDP et le gouvernement congolais, qui prévoient notamment l'intégration des rebelles dans l'armée et la police et l'occupation de postes de la fonction publique par des cadres civils issus du CNDP.

« Tous les efforts doivent être déployés pour faire traduire en justice les dirigeants de ce groupe et les soldats placés sous leur commandement, pour les crimes et violations des droits de l'homme graves perpétrées dans le cadre de la présente mutinerie, mais aussi pour ceux dont ils se sont rendus coupables antérieurement », a souligné Mme Pillay.

La Haut Commissaire a tout particulièrement exprimé son inquiétude devant la systématisation de la pratique consistant à enrôler de force et à utiliser des enfants, comme cela a été constaté au début du mois de juin par la MONUSCO, après qu'elle a réussi à secourir 20 mineurs faisant partie du 811ème Régiment de l'armée congolaise (FARDC), auparavant sous le commandement du colonel Innocent Zimurinda, actuel membre du M23 et ancien commandant du CNDP. Les enfants ont été recrutés dans la province du Nord-Kivu entre 2008 et janvier 2012.


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