Syrie : deux Conseillers spéciaux de Ban Ki-moon invoquent la responsabilité de protéger

Les Conseillers spéciaux sur la prévention du génocide et sur la responsabilité de protéger, Francis Deng et Edward Luck

14 juin 2012 – Deux Conseillers spéciaux du Secrétaire général ont appelé jeudi la communauté internationale à entreprendre une action décisive pour protéger les populations civiles en Syrie et à envisager la gamme complète des options à sa disposition en vertu de la Charte des Nations Unies.

Profondément préoccupés par les informations selon lesquelles des meurtres de masse ont été perpétrés en Syrie dans le cadre d'attaques menées par le Gouvernement de ce pays, MM. Francis Deng et Edward Luck – respectivement Conseiller spécial pour la prévention du génocide et Conseiller spécial pour la responsabilité de protéger – ont fait état de « tirs d'artillerie et d'obus sur des quartiers résidentiels, ainsi que d'attaques contre des civils et des infrastructures civiles par des milices progouvernementales et d'autres groupes armés ».

« Ces attaques pourraient constituer des crimes contre l'humanité », ont-ils souligné dans leur communiqué de presse. Les massacres perpétrés démontrent selon les deux hommes l'échec manifeste du gouvernement syrien à protéger sa propre population. Les meurtres de masse de civils commis à Houla et à Mazraat al-Qubeir, notamment contre des femmes et des enfants, représentent une escalade alarmante des attaques contre des civils et doivent cesser immédiatement, ont enjoint les deux hommes.

Ils ont en outre souligné l'importance de ménager un accès sans entraves à la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MSINUS) pour que les observateurs puissent s'acquitter de leur mandat.

Après avoir demandé aux parties au conflit de mettre en œuvre le plan de paix en six points de l'Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des états arabes pour la crise en Syrie, Kofi Annan, les Conseillers spéciaux ont rappelé l'engagement pris lors du Sommet mondial de 2005 de tous les Chefs d'état et de gouvernement de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l'humanité, y compris l'incitation à de tels crimes.

Ils ont donc appelé la communauté internationale à entreprendre une action décisive pour assumer sa responsabilité de protéger les populations qui courent des risques supplémentaires en Syrie et à envisager la gamme complète des options à sa disposition en vertu de la Charte des Nations Unies.

Compte-tenu de l'extrême gravité de la situation en Syrie, les Conseillers spéciaux exhortent le Conseil de sécurité à prendre en considération la requête de la Haut Commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, de renvoyer la situation en Syrie devant la Cour pénale internationale (CPI). Il n'y aura pas de paix durable en l'absence de reddition de comptes, ont-ils prévenu.

« Avec les risques d'intensification des violences et l'approfondissement des tensions sectaires, le risque d'atrocités de masse est élevé. Le moment est venu d'agir », ont conclu les deux Conseillers spéciaux.


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