Rio+: la FAO préconise des systèmes alimentaires énergétiquement intelligents

Tracteurs en Arménie. Labourer les sols constitue l'activité agricole la plus consommatrice de ressources énergétiques. Photo: FAO/Johan

14 juin 2012 – La forte dépendance de l'agriculture à l'égard des combustibles fossiles nuit à la capacité du secteur de nourrir le monde, perpétuant la pauvreté et compromettant la création d'une économie mondiale plus durable, a indiqué jeudi l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

« Il faudra accroître la production vivrière de 60% d'ici 2050 pour nourrir une population mondiale en plein expansion, mais ce but sera impossible à atteindre en recourant aux combustibles fossiles, comme nous l'avons fait durant la Révolution Verte », a expliqué Alexander Müller, Sous-Directeur général de la FAO pour les ressources naturelles et l'environnement.

« Il faut une approche totalement différente », ajoute-t-il.

La mise en garde tombe alors que la FAO publie une étude sur la production vivrière et l'utilisation d'aliments « énergétiquement intelligents » à la veille de la prochaine Conférence sur le développement durable (Rio+20), qui se tiendra la semaine prochaine à Rio.

Tous les systèmes de production alimentaire du monde– des fermes où est cultivée la nourriture au bout de la chaîne de transformation et de commercialisation – consomment 30% de toute l'énergie disponible, selon l'étude.

L'énergie est consommée pour l'essentiel une fois que la récolte a quitté la ferme, c'est-à-dire durant les phases de transport, transformation, conditionnement, expédition, stockage, commercialisation et préparation. Or, près d'un tiers de l'énergie consommée tout au long de la filière alimentaire est tout simplement gaspillée.

Pendant ce temps, près de trois milliards de personnes ont un accès limité aux services énergétiques modernes pour le chauffage et la cuisine, et 1,4 milliard n'ont qu'un accès limité, voire aucun, à l'électricité, souligne le rapport de la FAO.

La hausse des coûts du pétrole et du gaz naturel, l'insécurité liée aux réserves limitées de ces ressources non renouvelables et le consensus mondial sur la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre pourraient entraver les efforts d'accroissement de la production vivrière pour répondre à la demande, si la chaîne agroalimentaire n'est pas dissociée des combustibles fossiles.

Le rapport fait également remarquer que, faute d'un accès à l'électricité et aux sources énergétiques durables, les communautés n'ont guère de possibilités de réaliser la sécurité alimentaire et de se procurer des moyens d'existence productifs sûrs pouvant les aider à sortir de la pauvreté.

« Pour nourrir la planète, les systèmes de production vivrière ont besoin d'énergie. Parallèlement, la production vivrière ne se limite pas à consommer l'énergie, elle la gaspille. Or, il existe de nombreux moyens d'améliorer l'efficience énergétique dans la chaîne alimentaire et de produire de l'énergie durable dans le secteur agricole. Ces opportunités doivent être analysées et j'espère les voir en tête des priorités des débats qui se dérouleront à Rio+20 », a déclaré pour sa part le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.

Au Sommet de Rio sur le développement durable, les gouvernements devraient, selon la FAO, préconiser le renforcement de l'initiative des Nations Unies « Énergie durable pour tous », qui vise à garantir un accès universel aux services énergétiques de base, à améliorer l'efficience énergétique, à doubler la part d'énergie renouvelable dans l'énergie mondiale et à promouvoir un développement sobre en carbone.


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