Myanmar : un expert de l'ONU prévient des dangers des violences intercommunautaires

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar, Tomas Ojea Quintana.

13 juin 2012 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains au Myanmar, Tomás Ojea Quintana, a averti mercredi que l'escalade des violences intercommunautaires dans l'état de Rakhine dans ce pays représente une menace grave pour l'avenir de la nation toute entière.

« Les tensions sous-jacentes, dues à des discriminations contre les minorités ethniques et religieuses, menacent la stabilité et la transition démocratique au Myanmar. J'exhorte toutes les parties prenantes à exercer la plus grande retenue, à respecter la loi et à ne pas recourir à la violence », a déclaré M. Quintana dans un communiqué de presse.

« Le gouvernement devrait soulever ces questions dans le cadre des efforts déployés pour promouvoir le respect des droits de l'homme », a-t-il ajouté.

Dans l'état de Rakhine, dans l'Ouest du Myanmar, des combats entre bouddhistes et musulmans ont fait au moins une dizaine de morts. Selon la presse, des centaines de maisons ont été détruites depuis vendredi dernier. Ces violences ont poussé le gouvernement à déclarer l'état d'urgence dans la région à la fin de la semaine dernière.

« Il est primordial que le gouvernement redouble d'efforts pour désamorcer les tensions et endiguer les violences », a indiqué M. Quintana en ajoutant que les autorités devraient lever l'état d'urgence dés que l'ordre sera rétabli.

Le Rapporteur spécial a rappelé à plusieurs reprises que les autorités devaient prendre des mesures significatives pour résoudre les questions de discrimination contre les minorités, et que ces discriminations, notamment contre la minorité musulmane des Rohingya, font partie des raisons de fonds à l'origine des conflits communautaires.

Actuellement en déplacement dans le pays, le Conseiller spécial du Secrétaire général pour le Myanmar, Vijay Nambiar, a souligné, lors de sa rencontre avec le Président Thein Sein, la nécessité « d'agir de façon transparente en respectant les droits de l'homme et l'état de droit, afin que la violence ne fasse pas dérailler le processus des réformes ».


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