La Syrie listée parmi les 52 auteurs de violations graves contre les enfants

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés, Radhika Coomaraswamy (à gauche), avec un enfant libéré de la milice Al-Shabaab en Somalie. Photo: UNICEF/P. Ironside

12 juin 2012 – Le Secrétaire général a rendu publique mardi sa « liste de la honte », sur laquelle figurent les parties à un conflit qui recrutent ou utilisent des enfants, les tuent ou les mutilent ou commettent des violences sexuelles contre eux, dont quatre pour la première fois en Syrie, au Yémen et au Soudan.

Annexée à son rapport annuel sur les enfants et les conflits armés, cette liste actualisée inclut 52 parties, dont 32 s'y trouvent depuis au moins cinq ans, persistant dans un comportement que Ban Ki-moon juge « inacceptable ».

« En Syrie, des enfants ont été tués, victimes de mutilations, d'arrestations arbitraires, de détention, de torture et de mauvais traitements, notamment de violences sexuelles, Des écoles y sont régulièrement prises d'assaut et utilisées comme bases militaires et centres de détention par les forces armées syriennes, les services secrets et les milices progouvernementales chabiba », dénonce M. Ban dans son rapport.

Lors d'un incident dans le village d'Aïn Arous en mars 2012, un témoin affirme que des enfants âgés de 8 à 13 ans auraient été enlevés de force de leur foyer puis utilisés comme boucliers humains devant les vitres des cars transportant le personnel militaire qui allait attaquer le village.

« La plupart des enfants torturés ont dit avoir été battus, avoir eu les yeux bandés, avoir été placés dans des positions inconfortables, fouettés à l'aide de gros câbles électriques, avoir subi des brûlures de cigarettes dont ils portaient les cicatrices et, dans un cas, reçu des décharges électriques sur les parties génitales », indique encore le rapport.

« Je suis confiante que ces crimes ne seront pas impunis », a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés, Radhika Coomaraswamy.

De manière plus générale, a noté celle-ci, « 2011 présente un tableau contrasté. Alors que de nouvelles crises ont fait de nombreuses victimes en Syrie ou en Libye, les violations des droits des enfants ont cessé dans d'autres parties du monde ».

Deux parties aux conflits au Népal et au Sri Lanka ont été radiées de la Liste pour avoir respecté les engagements qu'elles avaient pris dans le cadre du plan d'action imposé par le Conseil de sécurité pour mettre fin au recrutement d'enfants. Il s'agit de la faction Inya Bharathi au Sri Lanka et du Parti communiste unifié (maoïste) (PCUN-M) au Népal, a précisé Mme Coomaraswamy.

En outre, au cours de l'année écoulée, cinq autres parties – en Afghanistan, en République centrafricaine, au Tchad et au Soudan du Sud – ont conclu des accords similaires avec les Nations Unies. Et des enfants ont été libérés en Afghanistan, en République centrafricaine, au Tchad, en Colombie, en République démocratique du Congo (RDC), au Myanmar, au Soudan et au Soudan du Sud.

« Les progrès sont constants, mais la liste des parties au conflit qui portent atteinte aux droits des filles et aux garçons sera toujours trop longue », a ajouté la Représentante spéciale.

C'est la toute première fois que le Secrétaire général inclut sur la « liste de la honte » les parties à un conflit qui lancent des attaques contre des écoles ou des hôpitaux, comme le prévoit la résolution 1998 du Conseil de sécurité adopté l'an dernier. Parmi elles, se trouvent des groupes armés en Afghanistan, en RDC et en Iraq, ainsi que les forces gouvernementales de Syrie.

« Dans les situations de conflits armés, les écoles et les hôpitaux doivent être des zones de paix respectées par toutes les parties », rappelle Mme Coomaraswamy. Face aux auteurs de violations répétées, la Représentante spéciale a recommandé un renforcement des régimes de sanctions, une action vigoureuse du Conseil de sécurité et une coopération plus étroite avec les juridictions nationales et internationales.

Une autre tendance préoccupante est l'usage de plus en plus récurrent d'enfants par des groupes armés pour perpétrer des attentats-suicides, alors que les filles et les garçons continuent aussi d'être victimes de ce même type d'attaques. Rien qu'en 2011, 11 enfants au moins en Afghanistan et 11 autres au Pakistan ont été tués alors qu'ils commettaient des attentats-suicide, certains d'entre eux n'étant pas âgés de plus de huit ans.

« La communauté internationale doit faire preuve d'unité et lutter contre cette pratique inhumaine et perverse », a exhorté la Représentante spéciale.


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