Israël : un expert de l'ONU demande la libération de deux Palestiniens en détention arbitraire

Richard Falk, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967.

8 juin 2012 – Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Richard Falk, a fait part vendredi de son inquiétude concernant le sort de deux prisonniers palestiniens, Mahmoud Sarsak et Akram Rikhawi, détenus par Israël sans chefs d'inculpation, et a appelé à leur libération immédiate.

« Ces individus protestent contre cette détention dont ils souffrent énormément. Il n'y a aucune raison acceptable à leur incarcération et Israël portera la responsabilité des atteintes éventuelles à leur santé », a déclaré M. Falk dans un communiqué de presse.

M. Sarsak a entamé une grève de la faim il y a 82 jours et M. Rikhawi il y a 58 jours.

« M. Sarsak a perdu un tiers de son poids et M. Rikhawi souffre de diabète et d'asthme aggravé. Si les autorités israéliennes sont incapables de présenter des preuves suffisantes pour les inculper, ils doivent libérer ces deux hommes immédiatement », a exhorté M. Falk.

« Israël doit mettre fin à son traitement consternant et injuste des prisonniers palestiniens et la communauté internationale faire savoir à Israël que le recours à la détention administrative est inacceptable », a affirmé l'expert indépendant de l'ONU.

Selon M. Falk, la vague de grèves de la faim qui a commencé en décembre dernier parmi les prisonniers palestiniens « a attiré l'attention sur le recours abusif par Israël à la détention administrative, mais aussi sur les conditions de détention qui ne sont pas conformes aux normes juridiques du droit humanitaire international pour plus de 4.000 palestiniens emprisonnés ».

Israël détient actuellement quelques 300 palestiniens emprisonnés en l'absence de tout chef d'inculpation. « J'ai demandé des renseignements au sujet de chacun d'entre eux et aborderai ce problème dans mon prochain rapport au Conseil des droits de l'homme », a indiqué M. Falk.

En début d'année, au retour de sa dernière mission dans la région en sa qualité de Rapporteur spécial, M. Falk avait précisé que « le gouvernement israélien qualifie cette pratique de détention administrative, alors qu'elle équivaut à une détention sans chef inculpation ou à une détention arbitraire ».

Plusieurs experts des conditions d'emprisonnement que M. Falk a consulté lors de sa mission en février 2012 ont exprimé des préoccupations au sujet d'abus physiques, verbaux ou psychologiques à l'encontre des prisonniers palestiniens, de manque d'accès à des traitements médicaux, de négligences médicales, du placement fréquent en isolation pendant des périodes prolongées, ainsi que du surpeuplement carcéral, de cellules décrépites et de restrictions des visites familiales.


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