L'ONU rappelle le caractère illégal des colonies et du mur de séparation israéliens en Cisjordanie

Une colonie israélienne en Cisjordanie, près de Jérusalem. Photo IRIN/Erica Silverman

7 juin 2012 – Suite à l'annonce, par le gouvernement israélien, de la construction de 300 nouveaux logements dans la colonie de Beit El en Cisjordanie, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, a répété jeudi que l'ensemble des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés étaient illégales au regard du droit international.

« Toute construction de colonie sur des terrains appartenant à des particuliers palestiniens ou ailleurs dans les territoires palestiniens occupés est contraire au droit international », a réaffirmé M. Serry dans un communiqué de presse.

D'après les médias, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé la construction des nouveaux logements à peine quelques heures après le rejet, par le parlement israélien, d'une proposition visant à légaliser des colonies « sauvages ».

Jugeant cette annonce « très préoccupante », M. Serry a réitéré l'avertissement qu'il a récemment formulé devant le Conseil de sécurité : « Si les parties prenantes ne saisissent pas l'opportunité qui se présente actuellement, elles doivent comprendre que la conséquence ne sera pas simplement le ralentissement de la marche vers une solution à deux États. En lieu et place de cela, nous irons vers la réalité d'un État unique, en nous éloignant d'autant plus de la paix dans la région ».

Cette déclaration coïncide avec la publication, par l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), d'une étude réalisée en collaboration avec l'Institut de recherches appliquées de Jérusalem qui démontre l'impact néfaste, aussi bien pour les réfugiés palestiniens que pour l'environnement, du mur de séparation construit par Israël sur les territoires palestiniens occupés.

L'étude s'appuie sur des données collectées auprès de plus de 170 communautés touchées par le mur, ainsi que d'agriculteurs empêchés d'accéder à leurs terres. Le mur serait responsable de la dégradation des terres, d'inondations et de la destruction de ressources aquifères. Au nombre de ses conséquences dévastatrices, il prive les Palestiniens touchés de leurs moyens de subsistance, tels que les éleveurs de bétail privés d'accès aux pâturages.

« L'étude présentée aujourd'hui démontre une fois de plus que le mur a non seulement un impact dévastateur sur les moyens de subsistance des réfugiés palestiniens, mais également sur l'environnement de la région », a expliqué le Directeur des opérations de l'UNRWA en Cisjordanie, Felipe Sanchez.

Le Directeur général de l'institut de recherches appliquées de Jérusalem, Dr. Jad Isaac a souligné que « l'étude souligne une fois de plus la nécessité pour la communauté internationale d'intervenir de toute urgence pour qu'Israël suive l'avis consultatif rendu par la Cour de justice internationale en 2004 et qui demande la cessation immédiate du mur et le démantèlement des parties déjà construites ».


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