L'ONU exhorte les États membres à s'unir pour mettre fin à la crise syrienne

L’Assemblée générale écoute des interventions sur la Syrie du Secrétaire général, Ban Ki-moon, de l’Envoyé spécial conjoint, Kofi Annan, et du Président de l’Assemblée générale, Nassir Abdulaziz Al-Nasser.

7 juin 2012 – Dans un contexte de violences et d'atrocités, et en l'absence de signes tangibles du gouvernement syrien de respecter ses engagements, le Secrétaire général a exhorté jeudi la communauté internationale à agir de façon coordonnée et unie pour mettre fin à la crise dans ce pays.

« La Syrie se trouve à un moment crucial, et nous aussi », a estimé M. Ban Ki-moon lors d'une séance plénière informelle de l'Assemblée générale, prévenant des risques que le pays risque ne bascule dans la guerre civile.

Cette réunion a été organisée au lendemain des massacres de Houla, où 108 personnes, dont 49 enfants, ont été tuées, et de Mazraat al-Qubeir, ou de nombreuses victimes seraient également à déplorer, selon des informations que tente actuellement de vérifier la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS).

« Nous condamnons ces actes de barbarie et renouvelons notre détermination à veiller à ce que les coupables soient traduits en justice », a déclaré le Secrétaire général.

Il existe selon M. Ban, « trop peu d'indications » que le gouvernement syrien respecte ses engagements dans le cadre du plan en six points de l'Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des Etats arabe pour la crise en Syrie, Kofi Annan, également présent lors de cette séance de l'Assemblée. Plusieurs éléments de l'opposition ont déclaré de leur côté ne plus vouloir respecter les engagements qu'ils avaient pris en vertu du plan.

« L'incapacité du régime et de l'opposition à ouvrir un dialogue politique assombrit les perspectives. Plus le conflit dure, plus il sera difficile de trouver une solution pour la paix et la réconciliation. La communauté internationale doit reconnaitre ces réalités et agir avec unité », a préconisé M. Ban.

Le Secrétaire général a précisé que le « plan Annan » restait au centre des efforts. « Nous devons continuer de soutenir le plan avec force pour assurer sa mise en œuvre. Personne ne peut prédire comment évoluera la situation en Syrie. Nous devons nous préparer à toutes les éventualités ».

Malgré l'acceptation du plan de paix par toutes les parties prenantes et le déploiement des observateurs de l'ONU sur le terrain, ses dispositions n'ont toujours pas été mises en œuvre, a constaté Kofi Annan.

« Il est de votre intérêt commun et de votre responsabilité collective d'agir rapidement », a-t-il lancé à l'Assemblée générale. « Le processus ne peut s'éterniser, au risque de voir la situation se radicaliser et d'échouer à parvenir à un accord politique ».

Le Président de l'Assemblée générale, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, a lui aussi exhorté l'ensemble des États membres à s'unir derrière l'Envoyé spécial conjoint et à faire pression sur le gouvernement syrien et toutes les autres parties prenantes pour faire cesser la violence sous toutes ses formes et permettre une solution rapide et pacifique à la crise.

« Nous avons besoin d'une discussion franche sur la Syrie et axée sur les résultats. Le temps presse. Les vies de dizaines de milliers de personnes et la stabilité régionale en dépendent et la crédibilité de cette Organisation est également en jeu », a assuré M. Al-Nasser.

Dans un discours lu par le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a estimé que la situation déplorable des droits de l'homme en Syrie exigeait l'attention et l'engagement des États membres.

« J'exhorte la communauté internationale à s'unir ici à l'Assemblée nationale, ainsi qu'au Conseil de sécurité, et à parler d'une seule voix à l'ensemble des Syriens, en particulier au gouvernement et aux groupes d'opposition armés, pour les convaincre de ne pas se précipiter vers le chaos, mais de s'engager au contraire dans des réelles négociations », a plaidé Mme Pillay.

Le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Nabil Al-Araby, a déclaré pour sa part que la Ligue n'était pas favorable à l'option militaire, mais souhaitait plutôt recourir aux moyens de pression politique, économique et commerciale, dans le respect de la Charte des Nations Unies.

« J'appelle à soutenir les mesures prévues par le plan en six points et ce, afin de mettre fin à cette crise et d'arriver à une solution politique qui permette au peuple syrien de vivre dans la paix et la démocratie », a-t-il souligné.

Plus tard dans la journée, M. Ban et M. Annan participeront à des consultations à huis clos du Conseil de sécurité sur la Syrie.


News Tracker: autres dépêches sur la question

Le Président de l'Assemble générale déçu devant le manque de progrès en Syrie

En savoir plus