OMS: L'évolution du fardeau du cancer est fonction du développement humain

Scanner du corps d’un patient pour évaluer la propagation du cancer.

1 juin 2012 – L'évolution du fardeau du cancer est fonction du développement humain : telle est la conclusion principale d'une étude parue vendredi dans The Lancet Oncology, et menée par des chercheurs du Centre international de recherche sur le Cancer (CIRC), qui fait partie de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cette étude démontre comment le fardeau croissant du cancer va toucher principalement certains pays en transition sociale et économique, mais aussi que les types de cancer les plus fréquents ne sont plus les mêmes.

Dans les régions aux indices de développement humain (IDH) élevés ou très élevés, quatre cancers – côlon-rectum, sein, poumon et prostate – expliquent la moitié de l'incidence du cancer, indique l'étude. Dans les régions où l'IDH est faible et moyen, les cancers de l'œsophage, de l'estomac et du foie sont également fréquents, et pris ensemble, ces sept cancers expliquent 62% de l'incidence des cancers dans ces régions. En revanche, dans les régions à faible IDH, le cancer le plus fréquent est le cancer du col de l'utérus, devant ceux du sein et du foie, le sarcome de Kaposi arrivant en 4ème position.

Dans les régions à IDH moyen et élevé, la diminution constatée des taux d'incidence des cancers de l'estomac et du col de l'utérus semble contrebalancée par une augmentation des taux d'incidence des cancers du sein chez la femme, de la prostate et du cancer colorectal.

Cette évolution peut être attribuée à «l'occidentalisation » de pays connaissant une transition économique et sociale rapide, avec une réduction des cancers d'origine infectieuse et une hausse plus importante des cancers associés aux facteurs de risque génésiques, alimentaires et hormonaux.

Le cancer reste la principale cause de décès dans de nombreux pays à revenus élevés et va devenir une cause majeure de morbidité et de mortalité dans les prochaines décennies, dans toutes les régions du monde, confirme les auteurs du rapport, qui, sur la base des données collectées, évaluent à 22 millions le nombre de nouveaux cas de cancer par an d'ici 2030.

D'après le Dr Freddie Bray, coauteur de ce rapport, « cette étude devrait servir de catalyseur pour la poursuite des travaux sur l'inégalité entre individus en matière de cancer au plan mondial et permettre de mieux comprendre comment et pourquoi les déterminants macroéconomiques influencent l'incidence, la mortalité et la survie associée au cancer ».

« Il est donc impératif que les cliniciens et les spécialistes de la lutte contre le cancer soient alertés de l'ampleur croissante de l'incidence et de la mortalité associée au cancer à travers le monde, cette analyse soulignant le besoin d'initiative au plan mondial pour réduire le fardeau du cancer. »

Pour le Dr Christopher Wild, Directeur du CIRC, « les pays doivent tenir compte des défis spécifiques auxquels ils feront face et privilégier des interventions ciblées pour lutter contre les hausses attendues du fardeau du cancer par des stratégies de prévention primaire efficaces, un dépistage précoce et des programmes thérapeutiques efficaces. »


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