Pakistan : une experte de l'ONU demande des garanties pour l'indépendance de la justice

La Rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, Gabriela Knaul. Photo ONU/Jean-Marc Ferré.

29 mai 2012 – La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur l'indépendance des juges et des avocats, Gabriela Knaul, a salué mardi les progrès réalisés par le Pakistan en matière de démocratisation au cours des dernières années, tout en exhortant le gouvernement de ce pays à relever les nombreux défis qui continuent de s'y poser à l'indépendance du judiciaire.

« L'indépendance du système judiciaire au Pakistan devrait être renforcée de manière prioritaire afin de consolider les avancées de la transition démocratique », a déclaré Mme Knaul au terme de sa visite officielle dans le pays, du 19 au 29 mai, la première depuis 13 ans par un expert indépendant mandaté par l'ONU.

« Je pense que l'existence de deux Cours supérieures dans la constitution du Pakistan est problématique puisque cela ouvre la voie à des interprétations qui risquent d'être contradictoires », a-t-elle ajouté en faisant allusion à la Cour suprême et à la Cour fédérale de la Charia.

La Rapporteuse spéciale a également fait part de sa préoccupation s'agissant du nombre de menaces graves et d'attaques perpétrées contre des magistrats et des juges au Pakistan.

« La sécurité physique de l'ensemble des acteurs du système judiciaire est une condition essentielle pour leur permettre de s'acquitter de leurs fonctions sans entraves et en toute indépendance », a souligné Mme Knaul.

« Le système judiciaire doit être suffisamment bien équipé et financé. Les juges, les procureurs et les avocats manquent de locaux adéquats – bureaux, salles d'attentes, bibliothèques – mais aussi d'électricité, d'eau potable, ainsi que de personnels, particulièrement au niveau des juridictions inférieures », a-t-elle regretté.

Mme Knaul a également souligné l'importance de veiller au respect des droits des femmes à avoir accès à tous les niveaux de l'appareil judiciaire, que ce soit pour déposer des plaintes, prendre un avocat ou témoigner dans le cadre d'un procès.

Mme Knaul a toutefois salué la Cour suprême pour avoir exercé son droit à se saisir des cas de violations graves des droits de l'homme et, ce faisant, à lutter contre l'impunité.

Au cours de sa visite, Mme Knaul s'est rendue à Islamabad, Karachi et Lahore. Elle s'es entretenue avec le Ministre de la justice du Pakistan, plusieurs ministres et responsables gouvernementaux, ainsi que des représentants de la société civile, des agences onusiennes et des universitaires.


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