Le HCR rappelle les dangers des migrations irrégulières suite au naufrage à Mayotte

22 mai 2012 – Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé sa tristesse mardi à l'annonce du décès par noyade d'au moins cinq personnes, dont trois enfants, après le naufrage d'une embarcation légère motorisée au large du département français d'Outre-mer de Mayotte, dans l'océan Indien.

Dix-neuf personnes ont été secourues et transportées à Mayotte après que le bateau a touché un récif de corail samedi, tandis que 15 autres personnes sont portées disparues ou auraient trouvé la mort par noyade, selon les autorités.

« Cette tragédie illustre à nouveau les dangers auxquels sont confrontées des personnes poussées à prendre des décisions désespérées pour échapper à la pauvreté, au conflit et à la persécution », a expliqué un porte-parole du HCR.

« Comme en mer Méditerranée et dans le golfe d'Aden, les eaux entourant Mayotte sont le théâtre de traversées clandestines de migrants et réfugiés en quête d'une vie meilleure ou d'une protection contre la persécution et la guerre », a-t-il ajouté. La frêle embarcation avait quitté l'île d'Anjouan dans les îles de l'Union des Comores, un archipel voisin.

Une opération de recherche et de sauvetage a été lancée dimanche. Lundi, les autorités ont annoncé qu'elles mettaient fin aux recherches, après que tous les survivants aient été secourus, ce dont s'est félicité le HCR.

Depuis des décennies, des personnes ont recours à de petites barques pour se rendre depuis l'Union des Comores vers Mayotte, qui est plus prospère. Pour la plupart, ces traversées s'effectuent sans document de voyage ou d'identité et présentent des risques considérables. Les statistiques sur ces traversées clandestines restent inconnues. Les demandeurs d'asile comptent pour une petite partie de ces mouvements et leur nombre n'a cessé d'augmenter ces deux dernières années.

L'année dernière, quelque 1200 demandes d'asile ont été enregistrées à Mayotte, soit 41 % de plus qu'en 2010. La majeure partie des requérants sont originaires des Comores (90 %). Pour le reste, il s'agit de ressortissants de la République démocratique du Congo, de Madagascar, du Rwanda et du Burundi. L'an dernier, environ 20 000 personnes, y compris des demandeurs d'asile déboutés, ont été expulsées depuis Mayotte vers les Comores et Madagascar.

Le HCR appuie les autorités locales et la société civile en France, y compris les départements et territoires français d'Outre-mer, à gérer les problèmes posés par les flux mixtes comprenant des migrants irréguliers et des demandeurs d'asile. Le HCR souligne que l'ensemble des contrôles aux frontières et autres mesures doit permettre d'identifier les personnes en quête d'une protection contre la persécution et le conflit et que ces personnes aient accès à la procédure pour évaluer leurs besoins.


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