Iran : des experts de l'ONU réclament la libération de défenseurs des droits

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

4 mai 2012 – Un groupe d'experts indépendants des Nations Unies sur les droits de l'homme ont condamné vendredi les arrestations et les peines sévères prononcées à l'encontre de défenseurs des droits de l'homme en Iran et ont exhorté le gouvernement de ce pays à assurer que les défenseurs des droits de l'homme ne soient pas visés à cause de leurs activités légitimes et qu'ils puissent bénéficier d'une protection efficace.

« La condamnation et les peines extrêmement sévères infligées aux défenseurs des droits de l'homme sont des indications de la répression croissante contre leurs activités légitimes et représentent une régression de la protection des droits de l'homme en Iran », a déclaré le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Iran, Ahmed Shaheed, dans le communiqué de presse commun.

Les experts de l'ONU ont fait part de leur inquiétude particulière concernant la situation de l'ancienne Vice-présidente du Centre des défenseurs des droits de l'homme, Nargess Mohammadi, qui est dans un état de santé très fragile selon les informations.

Mme Mohammadi, qui était active au sein de l'organisation fondée par la lauréate du Prix Nobel, Shirin Ebadi, a été arrêtée le 21 avril pour purger une peine de prison de six ans prononcée par une Cour d'appel pour « rassemblements et connivences contre la sécurité nationale, appartenance au Centre des défenseurs des droits de l'homme et propagande contre le régime ».

« Les défenseurs des droits de l'homme ont un rôle primordial pour assurer une société démocratique qui respecte des droits humains. Ils doivent pouvoir faire leur travail sans intimidation, harcèlement, arrestations et poursuites. Surtout, l'Etat doit respecter les droits individuels des défenseurs des droits de l'homme, y compris la liberté d'expression, d'association et de rassemblement pacifique », a souligné la Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Margaret Sekaggya.

Parmi les autres défenseurs des droits humains qui ont été arrêtés ou jugés pour avoir fait leur travail légitime, se trouvent des membres du Comité des journalistes sur les droits de l'homme, ainsi que des militants individuels tel qu'Abdolfattah Soltani et Nasrin Sotoudeh, tous les deux avocats qui ont défendu de nombreux militants politiques et des droits humains.

M. Soltani a été arrêté en septembre 2011 et condamné à 18 ans de prison et 20 ans d'interdiction de pratiquer son métier pour des accusations de connivence et propagande contre le régime, et acquisition de biens par des moyens illégitimes. Mme Sotoudeh a été arrêtée en septembre 2010 et condamnée à six ans d'emprisonnement et 10 ans d'interdiction de pratiquer par une Cour d'appel.

« Je suis très préoccupée par le fait que les avocats de défense des droits humains sont assimilés à leurs clients ou aux causes de leurs clients pour simplement avoir rempli leurs fonctions. Le gouvernement a l'obligation d'assurer que les avocats peuvent remplir leurs fonctions professionnelles sans intimidation, sans entraves, sans harcèlement ou interférences malséantes et qu'il ne font pas l'objet de poursuites pour avoir rempli leurs fonctions », a déclaré la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur l'indépendance des juges et des avocats, Gabriela Knaul.

Les experts de l'ONU ont appelé à la libération immédiate des défenseurs des droits de l'homme concernés, ainsi que tous ceux qui ont été arrêtés ou sont détenus pour avoir fait la promotion pacifique des droits de l'homme en Iran.


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