Une conférence du HCR pour les réfugiés afghans organisée à Genève

Le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres à la conférence sur l’Afghanistan à Genève. Photo UNHCR/J-M Ferré

2 mai 2012 – Une conférence pour les réfugiés afghans a débuté mercredi à Genève par un appel à la communauté internationale lancé par le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres pour soutenir pleinement la nouvelle stratégie élaborée par l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan et le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Cette stratégie est présentée pour approbation lors de la conférence de deux jours. Elle vise à la fois à préserver l’espace d’asile pour les réfugiés afghans dans les pays voisins dans les trois prochaines années et au-delà, et à financer une réintégration durable pour les Afghans qui rentrent dans leur pays, a précisé le HCR dans un communiqué de presse.

« La stratégie et son processus d’élaboration sont déjà de très bonnes nouvelles. Et, dans le monde d’aujourd’hui, nous en avons vraiment besoin », a indiqué António Guterres dans son discours d’ouverture, en faisant référence à la multiplication des conflits et des déplacements de population en 2011 à travers l’Afrique du Nord et dans certains pays arabes.

« Quand trois pays joignent leurs efforts dans une vision commune reflétant une stratégie unifiée et une volonté politique, cela mérite notre reconnaissance et notre soutien. J’exhorte cette conférence à générer des idées et des moyens pour refléter la solidarité de la communauté internationale envers les réfugiés afghans et les communautés hôtes qui partagent leurs ressources avec eux », a-t-il ajouté.

Le déplacement de population afghane est la situation de réfugiés la plus ancienne et la plus importante de toute l’histoire du HCR. Malgré le retour de quelque 5,7 millions d’Afghans vers leur pays d’origine depuis 2002, on compte environ deux millions d’Afghans qui se trouvent toujours au Pakistan et près d’un million d’autres en Iran. Ces dernières années, la moyenne des retours s’est ralentie. En 2011, environ 70.000 réfugiés afghans sont rentrés chez eux.

La « stratégie de recherche de solutions » contient un ensemble de mesures visant à aider les réfugiés et qui sont adaptées selon les besoins spécifiques de chacun des trois pays concernés.

En Afghanistan, l’accent est mis sur le soutien à la réintégration. Par exemple, 49 sites pilotes dans les 19 provinces comptant de nombreux rapatriés ont été identifiés pour un appui dans les domaines du logement, des services sociaux, de l’emploi et de la sécurité alimentaire. L’approbation a été obtenue via des consultations avec des chouras (conseils locaux), des chefs locaux et de hauts responsables de l’administration. Les initiatives de développement seront mises en œuvre par des acteurs au niveau national et d’autres intervenants, avec la participation du secteur privé.

En Iran, les efforts seront portés sur l’appui au retour vers l’Afghanistan ainsi que l’aide à assurer pour que les retours soient durables avec, par exemple, une formation professionnelle pour les réfugiés. Un appui est également envisagé envers un programme récent pour l’assurance santé qui vise à assurer une couverture santé universelle aux réfugiés. Au Pakistan, les efforts seront dirigés principalement vers le rapatriement librement consenti et l’aide des communautés d’accueil dans lesquelles vivent les réfugiés.

Dans son discours, António Guterres a reconnu la réalité difficile en Afghanistan, soulignant que la création de conditions pour un retour volontaire et durable n’est pas de la seule responsabilité des acteurs humanitaires. Il a ajouté qu’il était toutefois essentiel de créer des conditions à l’impact tangible pour les rapatriés et leurs communautés.

« Nous traversons une importante période de transition en Afghanistan qui se caractérise par l’incertitude », a indiqué António Guterres. « Les réfugiés afghans ont montré qu’ils peuvent rentrer en masse lorsque les conditions pour le retour sont favorables. Ils ont toujours souhaité rentrer dans leur pays. De ce fait, nous avons une responsabilité collective pour les aider et répondre à leurs aspirations légitimes. »

La mise en œuvre de la stratégie de recherche de solutions coûtera environ 1,9 milliard de dollars. La réunion de Genève n’est pas une conférence de donateurs, mais le soutien des pays donateurs à cette stratégie sera un élément clé.


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