Le Conseil de sécurité appelle à un cessez-le-feu entre le Soudan et le Soudan du Sud

Des réfugiés soudanais de l'Etat du Nil bleu vivant dans le camp de Doro dans l’Etat du Haut Nil, au Soudan du Sud. Photo UNHCR/V. Tan

24 avril 2012 – A la suite d’un exposé sur la situation à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, les membres du Conseil de sécurité ont appelé mardi à un cessez-le-feu immédiat et au retour des deux pays à la table de négociations.

S’exprimant devant la presse, la Représentante des Etats-Unis auprès des Nations Unies, qui occupe la présidence tournante du Conseil ce mois-ci, a indiqué que les membres du Conseil avaient été informés de la dégradation de la situation entre les deux pays par le chef des opérations de la maintien de la paix des Nations Unies, Hervé Ladsous, par l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Soudan et le Soudan du Sud, Haile Menkerios, et par la Représentante spéciale du Secrétaire général et chef de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), Hilde Johnson.

La chef de la MINUSS a confirmé qu’au moins 16 civils ont été tués et 34 blessés dans l’Etat d’Unity, au Soudan du Sud, à la suite de bombardements aériens par le Soudan, a dit Mme Rice. De leur côté les forces du Soudan du Sud avaient occupé la région riche en pétrole de Heglig, au Soudan, avant de s’en retirer récemment.

« Les membres du Conseil ont salué le retrait du SPLA (Armée de libération du peuple du Soudan) de Heglig, ont exigé un arrêt immédiat des bombardements aériens par les forces armées soudanaises et appelé à un cessez-le-feu immédiat et à un retour à la table de négociations », a déclaré Mme Rice à la presse.

Elle a ajouté que les membres du Conseil ont exprimé leur préoccupation au sujet des dégâts causés à l’infrastructure pétrolière de Heglig.

Les récents combats près de la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud ont déplacé environ 35.000 personnes près de Heglig, Talodi et dans d'autres parties de la province du Kordofan méridional, au Soudan, a indiqué mardi le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés n'a pas accès aux zones en question, mais le HCR achemine de l'aide via des agences locales. Le nombre des personnes déplacées a été communiqué par ces partenaires.

Au Soudan du Sud, une vague de bombardements aériens a frappé ces dernières semaines certaines régions des Etats d'Unity, de Warrap et de l'ouest de Bahr el Ghazal.

Selon le HCR, les trois sites accueillant des réfugiés dans l'Etat d'Unity n'ont pas été affectés. « Nous avons néanmoins constaté une augmentation du nombre des réfugiés soudanais traversant la frontière, certains d'entre eux souffrent de malnutrition sévère », a indiqué un porte-parole du HCR, Adrian Edwards.

Dans l'installation de Yida, plus de 1.300 nouveaux arrivants ont été signalés ces quatre derniers jours, et le nombre moyen d'arrivées par jour (230) a triplé par rapport à celui observé en février et mars. Certains réfugiés disent qu'ils ont quitté le Soudan en raison des pénuries alimentaires, d'autres expliquent avoir fui les combats intenses dans leur région d'origine.

L'escalade des hostilités accentue les préoccupations sur la sécurité des réfugiés dans l'Etat d'Unity. Yida est situé à seulement quelques kilomètres de la frontière et a été le théâtre de bombardements et de tirs d'artillerie directs et indirects ces six derniers mois. Les agences humanitaires continuent de fournir à plus de 20.000 réfugiés vivant sur place une assistance vitale et des services essentiels comme la nourriture, l'eau, les installations d'assainissement, les services communautaires et les soins de santé. « Parallèlement, nous leur conseillons de rejoindre de toute urgence des zones plus sûres », a noté Adrian Edwards.

Le HCR a déjà aidé au transfert de plus de 2000 réfugiés vers deux sites plus au sud dans l'Etat d'Unity. L'agence prépare les sites et en planifie d'autres pour recevoir davantage de réfugiés du Kordofan méridional et de Yida, si les réfugiés qui s'y trouvent optent pour le transfert. Des vivres et d'autres biens de secours sont pré-positionnés dans les trois sites de l'Etat d'Unity par anticipation avant la saison des pluies.

Au Soudan du Sud, dans l'Etat du Haut Nil, le rythme d'arrivée des réfugiés depuis l'Etat du Nil Bleu au Soudan s'est ralenti. Il y a actuellement plus de 92.000 réfugiés soudanais dans le comté de Maban, y compris environ 52.000 dans l'installation de Doro, 37.000 dans l'installation de Jammam et plusieurs milliers qui vont être transférés depuis les zones frontalières.

L'accès au comté de Maban et ses alentours est réduit pendant la saison des pluies. Le HCR et ses partenaires travaillent 24h/24 pour réparer les routes essentielles pour garder l'accès ouvert ces prochains mois.

Fournir de l'eau en quantité suffisante est le principal défi à Jammam. Malgré des forages intensifs, les sources viables sont pour le moment inaccessibles. Les partenaires du HCR acheminent l'eau par camion, installent des réseaux de tuyauterie et traitent les eaux de surface pour la saison des pluies. Pendant ce temps, de grandes plateformes sont acheminées vers la zone pour forer des puits plus profonds. Jusqu'à ce qu'il soit possible d'augmenter la quantité fournie actuellement par personne et par jour, les agences identifient des sites appropriés pour le transfert d'environ 15.000 réfugiés du groupe de Jammam pour réduire la pression portée sur les ressources en eau.

Dans l'installation de Doro, les forages ont rencontré davantage de succès. Les partenaires peuvent fournir 12 litres par personne et par jour et espèrent atteindre sous peu le standard de 15 à 20 litres par personne et par jour.

Dans la région de Benishangul-Gumuz, en Ethiopie voisine, le HCR a déjà reçu environ 2.400 nouveaux réfugiés originaires de l'Etat du Nil Bleu ce mois-ci. Le centre de transit d'Adamazin est agrandi pour héberger les nouveaux arrivants avant leur transfert vers Bambasi, le troisième camp dans la région dont les travaux de préparation sont bientôt terminés.

Des mois de combats intermittents ont poussé plus de 115.000 réfugiés soudanais à rejoindre le Soudan du Sud et près de 30.000 autres vers l'Ethiopie. Beaucoup pourraient encore suivre si le conflit s'intensifie. Le HCR appelle les gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud ainsi que les autres parties au conflit, à faire leur possible pour éviter que la vie des civils déplacés ne soit mise en danger et pour cesser les actions qui pourraient générer encore davantage de déplacement de population.


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