L'Assemblée générale de l'ONU débat de la volatilité des prix alimentaires

De la nourriture en vente sur un marché à Harare, au Zimbabwe. Photo IRIN

11 avril 2012 – A l'occasion d'un débat à l'Assemblée générale de l'ONU sur les prix des denrées alimentaires, le Président de cette Assemblée, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, a rappelé l'impact néfaste des prix élevés sur les populations les plus vulnérables, dont la grande majorité vit dans des pays qui dépendent des importations pour couvrir les besoins de base de leur population.

« Le débat d'aujourd'hui reflète une profonde préoccupation parmi les Etats membres concernant l'impact des prix excessifs et volatils sur la sécurité alimentaire et sur le développement durable dans les pays en développement », a déclaré M. Al-Nasser dans un discours à l'ouverture de ce débat.

« Notre objectif aujourd'hui est de lancer un débat approfondi sur les causes et les effets des investissements financiers à grande échelle dans les marchés des produits de base. Nous devrions également explorer et évaluer des approches alternatives pour répondre aux faiblesses des marchés financiers », a-t-il ajouté.

De son côté, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a rappelé, dans un discours lu par le Sous Secrétaire général de l'ONU au développement économique, Joma Kwame Sundaram, que suite à deux décennies de baisse des prix alimentaires et d'investissements publics réduits dans l'agriculture productrice de nourriture, les problèmes structurels des systèmes alimentaires du monde sont devenus évidents en 2006.

« Depuis lors, des peurs se sont manifestées sur le fait que l'offre n'arrive plus à satisfaire la demande croissante. Ces inquiétudes ont été exacerbées par l'impact de plus en plus grand du changement climatique, puisque une météo moins prévisible déstabilise la production agricole », a rappelé M. Ban.

L'augmentation des prix des denrées alimentaires a fait que le nombre de personnes qui souffrent de la faim a dépassé le seuil d'un milliard, et a précipité des millions de foyers sous le seuil de pauvreté. La volatilité des prix a créé des difficultés considérables pour les petits producteurs, qui sont forcés de prendre des risques inacceptables.

Les consommateurs sont exposés au risque de voir leur pouvoir d'achat s'effondrer soudainement, ce qui mène presque immédiatement à des réductions néfastes dans la consommation d'aliments nutritifs, particulièrement pour les filles et les femmes. Cela peut nuire à la nutrition des nourrissons pendant les premiers 1000 jours de leur existence et entraîner un retard de croissance.

« Cette situation est inacceptable. L'alimentation est un droit de base. La nourriture et la sécurité alimentaire sont les fondements d'une vie décente. Il est essentiel d'entreprendre des actions pour stopper la volatilité des prix alimentaires. La priorité pour l'agriculture doit être la production de denrées nutritives dont ont besoin les gens et d'assurer que ces denrées sont accessibles à tout moment », a souligné M. Ban.

« La réunion d'aujourd'hui est une occasion primordiale pour que les Etats membres évaluent la situation et réfléchissent sur ce qu'ils peuvent faire pour s'attaquer aux facteurs responsables de la volatilité des prix et du fait que les gens ne peuvent pas bénéficier du droit à une bonne alimentation. Continuons ensemble notre travail vital pour atteindre le premier objectif du millénaire pour le développement, celui dont dépend tous les autres », a-t-il ajouté.


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