L'ONU appelle à forger des partenariats pour combattre la traite des êtres humains

Un panneau sensibilisant à la traite des êtres humains. Photo IRIN/Mohamed Amin Jibril

3 avril 2012 – A l'occasion d'un dialogue interactif sur la traite des êtres humains à l'Assemblée générale des Nations Unies, le Président de l'Assemblée générale, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, a estimé mardi qu'il fallait mobiliser la communauté internationale et forger des partenariats afin de combattre de façon efficace cette forme d'abus des droits de l'homme.

« Selon les estimations, 2,4 millions de personnes sont victimes de ce crime à travers le monde. Elles endurent le travail forcé, la servitude domestique, l'exploitation sexuelle dans tous les pays et toutes les régions du monde. La majorité des victimes de la traite sont les plus faibles et vulnérables membres de la société : les enfants, les femmes et les migrants », a expliqué M. Al-Nasser dans un discours.

La traite des êtres humains est l'une des industries criminelles qui connait la plus forte croissance avec le trafic de stupéfiants et le trafic d'armes. Pour faire face à ce fléau, l'ONU a adopté une politique de tolérance zéro connue sous le nom de « mesures spéciales pour protéger contre l'exploitation et les abus sexuels ». Cette politique s'applique à l'ensemble des membres du personnel de l'ONU, qu'ils soient en uniforme ou qu'ils soient des civils.

En mars 2007, l'ONU a organisé une conférence sur la traite des femmes et des filles afin d'adopter une approche globale et coordonnée pour lutter contre ce type de crime.

« L'élément sous-jacent de nos activités stratégiques est le Plan d'action mondial de l'ONU pour combattre la traite des êtres humains qui a été adopté par l'Assemblée générale en 2010 », a rappelé M. Al-Nasser. « Une autre conséquence significative du Plan d'action a été l'établissement du Fonds fiduciaire volontaire de l'ONU qui soutient les victimes de la traite, et en particulier les femmes et les enfants ».

Selon M. Al-Nasser, l'objectif reste que les enfants qui sont mis au monde aujourd'hui, et en premier lieu les filles, ne risquent pas d'être soumis à cette forme d'esclavage moderne.

« Il y a 64 ans, l'Assemblée générale a adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme qui proclamait que tous les êtres humains sont nés libres, que nul ne peut être soumis à l'esclavage ou à la servitude et que l'esclavage serait prohibé sous toutes ses formes. Cependant, des millions de personnes sont actuellement victimes de l'esclavage moderne », a souligné le Président de l'Assemblée générale. « Nous devons redoubler d'efforts pour garantir que des actions concrètes et concertées garantissent les droits et la liberté de tous et pour mettre fin à ces crimes affreux ».

De son côté, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé au participants que même s'ils n'avaient pas tous la même approche face au problème de la traite des êtres humains, ils devaient aller dans la même direction grâce à la boussole commune des droits de l'homme.

« Les réponses nationales à ce problème doivent être alignées sur les standards internationaux des droits de l'homme. J'exhorte tous les pays à adhérer aux traités destinés à faire cesser la traite des êtres humains, et en particulier le Protocole de l'ONU pour prévenir, supprimer et punir le trafic des êtres humains, et en particulier les femmes et les filles », a déclaré M. Ban.

D'autres instruments légaux peuvent également être utilisés dans la lutte contre ces crimes, notamment la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes, a rappelé le Secrétaire général. « En même temps, nous devons adopter une vision d'ensemble des facteurs qui alimentent la traite. Seule la pauvreté la plus abjecte peut forcer une famille à vendre leur enfant pour quelques dollars. Nous devons aider tous ceux qui vivent dans de telles conditions. Ils ont besoin de plus que des simples promesses, ils ont besoin de protection sociale », a-t-il souligné.

La traite des êtres humains est également liée à la migration. Des femmes sont attirées par de fausses promesses, leurs passeports sont dérobées, ainsi que leur dignité. Afin d'éviter une telle exploitation, M. Ban a estimé qu'il fallait que les pays coordonnent leur politiques de migration et les règles de leurs marchés du travail.

« J'encourage tous les pays et tous les peuples à contribuer au Fonds fiduciaire volontaire de l'ONU sur la traite des êtres humains, qui apporte une aide légale et financière cruciale aux victimes. J'exhorte tous les partenaires à travailler ensemble : les gouvernements, les organisations internationales, les groupes de la société civile, les entreprises et les individus qui ont d'ores et déjà soutenus la cause et ceux qui j'espère vont nous rejoindre », a dit M. Ban.

Le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Youri Fedotov, a expliqué pour sa part que depuis la création du Fonds fiduciaire, un million de dollars ont été promis et 470.000 dollars ont été effectivement transférés. Pour la première tranche de financement, des dons allant jusqu’à 25.000 dollars ont été octroyés à 11 ONG.

M. Fedotov a ajouté que les fonds reçus jusqu’à présent ont été utilisés pour soutenir plusieurs projets dans l’éducation, l’assistance médicale et psycho-sociale pour des enfants victimes de la traite au Cambodge, un projet de réintégration de victimes en Albanie, et le soutien d’une ONG au Népal dont le personnel est composé de victimes de la traite.

« Nous disposons des partenariats et nous avons l’innovation nécessaire. Nous devons maintenant faire en sorte que cette pratique honteuse cesse », a déclaré le Directeur exécutif de l’ONUDC.


News Tracker: autres dépêches sur la question

L'Australie doit améliorer la lutte contre le trafic des enfants - experte de l'ONU

En savoir plus



Coup de projecteur