Après une visite au Sahel, un responsable de l'ONU tire la sonnette d'alarme

Photo FAO/Giulio Napolitano

28 mars 2012 – La situation humanitaire dans la région du Sahel continue de se dégrader de façon alarmante malgré les efforts louables des gouvernements de la région et des agences d'aide humanitaire, a affirmé mercredi le Directeur des opérations du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), John Ging, à la fin d'une mission d'une semaine au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie.

Plus de 15 millions de personnes sont directement affectées par la crise alimentaire qui ne cesse d'empirer à cause de la sécheresse, des affrontements et de l'insécurité. Quelques 100.000 personnes du Mali se sont réfugiées dans les pays voisins et des dizaines de milliers de travailleurs immigrés maliens sont rentrés de Libye et de Côte d'Ivoire, ce qui a mis un terme aux transferts de fonds vers les familles restées au pays, et qui représentait souvent un moyen de survie pour ces familles.

« Nous sommes engagés dans une course contre la montre dans un des climats les plus durs de la planète. Plus de 200.000 enfants sont morts de malnutrition l'année dernière et plus d'un million sont en danger de mort actuellement à cause d'une malnutrition aigüe », a déclaré M. Ging à la fin de sa mission.

Lors d'une réunion avec les ambassadeurs des pays donateurs à Nouakchott en Mauritanie, M. Ging les a encouragés à se montrer généreux, en soulignant l'impact positif de leur action jusqu'à présent. Malheureusement, le plan d'intervention n'est financé qu'à hauteur de 40% alors qu'un pic dans la crise est attendu dans les mois à venir.

« Il y a d'ores et déjà une crise très grave en termes d'ampleur et de souffrances humaines et elle va empirer à moins que le plan d'intervention ne soit financé de façon adéquate. C'est une question de vie ou de mort pour les millions de personnes menacées », a rappelé M. Ging.

Une coordination étroite entre les agences humanitaires et les gouvernements nationaux dans la formulation des plans d'intervention dans la région, est le fruit d'une collecte des meilleures pratiques adaptées aux situations locales. L'intervention se fonde sur une gestion efficace des ressources naturelles, et particulièrement sur la préservation des ressources en eau, grâce à des techniques d'irrigation efficaces, un agrandissement des terrains exploités et donc une plus grande production agricole.

« Nous devons prendre en compte les problèmes immédiats et ceux du long-terme en même temps. Le fait de renforcer la résilience et les moyens de subsistance durables capables de résister aux nouvelles réalités climatiques est la clé pour sauver des vies », a expliqué M. Ging.


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