Papouasie : l'ONU appelle à combattre la violences contre les femmes

Rashida Manjoo, Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

27 mars 2012 – A la fin de sa première visite en Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les violences faites aux femmes, Rashida Manjoo, a exhorté mardi le gouvernement de ce pays à renforcer les mécanismes légaux pour éradiquer la violence contre les femmes et à mettre fin à certaines pratiques traditionnelles qui sont nuisibles aux femmes.

« La responsabilité, et non l'impunité, devrait être la norme pour tout acte de violence contre les femmes », a déclaré l'experte indépendante chargée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU d'enquêter sur les causes et les conséquences de la violence contre les femmes.

« La responsabilité d'empêcher la violence, de protéger contre la violence, de soutenir les victimes et de punir les auteurs de tout acte de violence contre les femmes, revient principalement à l'Etat », a-t-elle ajouté.

Mme Manjoo a noté que la Papouasie-Nouvelle-Guinée était un pays riche en culture, où le respect des traditions est important dans la vie quotidienne de sa population. Cependant, « la violence contre les femmes est un phénomène omniprésent en Papouasie-Nouvelle-Guinée et se manifeste aussi bien dans les foyers que dans les communautés et les institutions », a-t-elle ajouté.

Dans ses observations préliminaires, la Rapporteuse spéciale a noté que la violence contre les femmes dans ce pays commence dans les foyers, où les femmes et les filles font l'objet de violences physiques et sexuelles, le plus souvent par des membres masculins de leurs familles.

« La violence domestique et conjugale est perçue comme un aspect normal de la vie des femmes et c'est une affaire de famille qui ne se discute pas en public », a expliqué Mme Manjoo.

La polygamie a également été identifiée comme l'une des causes de la violence dans les familles. « Les abus commencent en général par la négligence de la première épouse et de ses enfants, mais cela peut déraper avec de la violence physique et sexuelle, allant parfois jusqu'au meurtre », a souligné Mme Manjoo.

L'experte a salué un certain nombre de mesures positives prises par le gouvernement, dont la création d'unités de police spécialisées dans le domaine de la violence familiale et sexuelle et une unité du bureau du Procureur chargée spécifiquement des questions de violence sexuelle ou familiale.

« Actuellement, ces unités disposent de très peu de moyens, et à mesure que les tâches de ces unités prennent de l'ampleur, il y aura un besoin de plus en plus grand de personnel et de ressources supplémentaires », a mis en garde Mme Manjoo.

« L'autonomisation des femmes doit aller de pair avec une transformation sociale afin de prendre en compte pleinement les causes structurelles et systémiques de l'inégalité et de la discrimination, ce qui le plus souvent mène à de la violence contre les femmes », a-t-elle rappelé.

Durant sa visite en Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Rapporteuse spéciale a rencontré des représentants du gouvernement, des autorités nationales et provinciales et les membres du gouvernement autonome de Bougainville. Elle a également rencontré des représentants des organisations de la société civile, des agences de l'ONU et des bailleurs de fonds.


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