A Séoul, Ban Ki-moon propose des mesures contre la menace nucléaire

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à droite) avec le Président de La République de Corée lors de l'ouverture de Sommet sur la sécurité nucléaire à Séoul. Photo ONU/Eskinder Debebe

27 mars 2012 – A un Sommet sur la sécurité nucléaire à Séoul, en République de Corée, le Secrétaire général Ban Ki-moon a proposé mardi des mesures pour désamorcer la menace nucléaire, notamment un contrôle plus strict des matières fissiles et un renforcement de la lutte contre le financement du terrorisme.

« La perspective du terrorisme nucléaire menace la sécurité internationale. Nous sommes unis dans notre détermination à désamorcer cette menace », a-t-il dit dans un discours lors de la session plénière du Sommet de Séoul, qui dure deux jours.

M. Ban a souligné la nécessité de consolider l'architecture de sécurité nucléaire dans le monde par une adhésion universelle aux instruments internationaux et par un mécanisme d'examen rigoureux.

Rappelant que l'ONU est l'instance universelle pour empêcher les terroristes d'utiliser ou d'acquérir des armes nucléaires, il a indiqué qu'il convoquerait une réunion de haut niveau cet automne pour aider à renforcer le cadre juridique sur la prévention du terrorisme nucléaire. Il a ajouté qu'il était également important de lutter contre le financement du terrorisme et il s'est félicité de la participation d'Interpol au sommet, étant donné l'importance du rôle des douanes et de la police.

Le Secrétaire général a également estimé qu'un contrôle plus strict des matières fissiles était un autre domaine crucial qui méritait une plus grande attention. « Il y a eu certains progrès, mais soyons clairs : le monde a besoin d'un traité vérifiable et contraignant sur les matières fissiles », a-t-il dit.

Selon lui, l'impasse actuelle à la Conférence des Nations Unies sur le désarmement (CD) est « inacceptable » et il a appelé les membres de ce forum à entamer immédiatement des négociations sur un traité interdisant la production de matières fissiles pour les armes nucléaires.

« La pertinence de la Conférence sur le désarmement est en jeu », a déclaré M. Ban. « Si l'impasse n'est pas résolue au cours de la session de 2012, la communauté internationale doit explorer des voies alternatives. »

Le Secrétaire général de l'ONU a mis en évidence la nécessité de renforcer le lien entre la sécurité nucléaire et la sûreté nucléaire.

« Je me réjouis de la réaffirmation par ce Sommet de nos objectifs communs de désarmement nucléaire, de non-prolifération et d'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, et j'appelle à la mise en œuvre intégrale des engagements pris », a-t-il dit.

Il a également souligné la nécessité de faire entrer en vigueur le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, en précisant que « la meilleure façon d'éliminer la menace nucléaire partout est d'éliminer partout les armes nucléaires. »

S'adressant aux délégués à un déjeuner de travail, le Secrétaire général a rappelé ses visites l'an dernier sur le site de l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, et sur celui de Tchernobyl, en Ukraine. « Ces tragédies ont envoyé un message clair et urgent : un accident nucléaire peut avoir des conséquences similaires à une attaque nucléaire, » a déclaré M. Ban.

Il a défini cinq domaines d'action collective : des mesures audacieuses pour combler le manque de confiance ; la réduction des risques de catastrophe et le renforcement de la résilience ; le renforcement du rôle de l'ONU ; un partenariat renforcé avec l'industrie nucléaire et la société civile ; et des progrès sur le désarmement nucléaire et la non-prolifération.

Dans ses remarques à la session plénière du Sommet, le chef de l'ONU a également exprimé sa préoccupation devant le non respect par la République démocratique populaire de Corée (RPDC) et par l'Iran des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité concernant leurs programmes nucléaires.

« Je demande instamment à la RPDC et à l'Iran de faire tout leur possible pour répondre aux préoccupations de la communauté internationale d'une manière pacifique et de s'abstenir de tout acte de déstabilisation », a déclaré M. Ban.

Il a réitéré que l'annonce par la RPDC de lancer un « satellite d'application » le mois prochain allait à l'encontre de la résolution 1874 du Conseil de sécurité, qui interdit « tout lancement utilisant une technologie de missiles balistiques ». Il a exhorté Pyongyang à reconsidérer sa décision.

En marge du Sommet, le Secrétaire général a également discuté de la question de la sécurité et de la sûreté nucléaire lors d'une rencontre avec le Président ukrainien, Viktor Ianoukovitch.

Il a également rencontré séparément le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, et le Vice Président du Brésil, Michael Temer, avec qui il a discuté, entre autres, de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable, prévu à Rio de Janeiro en juin.


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