L'ONU appelle le Soudan et le Soudan du Sud à renouer le dialogue

Des réfugiés soudanais dans le camp de Yida au Soudan du Sud. Photo UNHCR/V. Tan

27 mars 2012 – Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon est très préoccupé par les affrontements militaires à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud et appelle les deux gouvernements à respecter et mettre en œuvre l'accord qu'ils ont conclu sur la sécurité et la surveillance de la frontière et sur la zone disputée d'Abyei.

M. Ban « exhorte les parties prenantes à utiliser pleinement les mécanismes politiques et sécuritaires existants pour trouver de manière pacifique des solutions à leurs différends », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse publiée lundi soir.

Selon la presse, les forces armées des deux pays se seraient affrontées lundi près de la frontière qui les sépare et le Président soudanais, Omar Al-Bachir, aurait annulé une rencontre avec son homologue du Soudan du Sud, Salva Kiir, prévue pour le 3 avril.

Les deux gouvernements négocient pour régler les questions restées en suspens depuis l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, dont la question du statut des ressortissants de chaque Etat et la démarcation commune de la frontière.

« Le Secrétaire général salue l'esprit de coopération affiché récemment par les deux gouvernements pour régler les questions post-sécession. Il exhorté les deux chefs d'Etat à se rencontrer le 3 avril comme prévu », a dit son porte-parole.

Le Conseil de sécurité s’est aussi dit profondément alarmé par les échauffourées survenues dans la région limitrophe entre le Soudan et le Soudan du Sud, qui risquent de précipiter une reprise du conflit entre les deux pays, d’aggraver la situation humanitaire et de provoquer de nouvelles pertes civiles.

Dans une déclaration à la presse de la Présidence du Conseil de sécurité publiée mardi, les membres du Conseil « engagent les Gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud à faire preuve de la plus grande réserve et à poursuivre un dialogue déterminé pour traiter de manière pacifique les dossiers qui entretiennent la méfiance entre les deux pays, notamment les enjeux liés au pétrole, la violence dans la région frontalière, la citoyenneté et Abyei."

Ils « demandent instamment à toutes les parties de cesser les opérations militaires dans les zones frontalières et de mettre un terme au cycle de la violence, et aux Gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud de ne prendre aucune mesure qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de l’un ou l’autre pays, y compris sous la forme directe ou indirecte d’un soutien à des groupes armés agissant dans le territoire de l’autre."

De son côté, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est inquiété mardi des conséquences de l’instabilité frontalière sur la sécurité de réfugiés soudanais au Soudan du Sud.

« La poursuite des combats dans la zone frontalière contestée de Lake Jau alimente l’inquiétude sur la sécurité des réfugiés soudanais qui se trouvent dans l’installation voisine de Yida. Nos préoccupations sont renforcées par les affrontements signalés hier entre les armées nationales du Soudan et du Soudan du Sud dans la région de Lake Jau et d’autres zones frontalières », a dit une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d’une conférence de presse à Genève.

Le HCR, conjointement avec d’autres partenaires, fournit une assistance de base à plus de 16.000 réfugiés arrivés à Yida après avoir fui la violence dans les montagnes de Nuba. Selon l’agence onusienne, l’installation de réfugiés à Yida n’est pas assez sûre pour y rester à long terme du fait de sa proximité avec la zone frontalière instable.

La ville de Yida est localisée près d’une zone lourdement militarisée avec des affrontements et des bombardements constants et elle a été frappée en novembre 2011 par une attaque aérienne, qui avait forcé les réfugiés à fuir dans la brousse. En décembre, des obus d’artillerie sont tombés près du camp. « Nous craignons que de nouvelles éruptions de violences frontalières entraînent des pertes en vies humaines parmi les réfugiés », a dit Mme Fleming.

Environ 2300 réfugiés ont déjà été transférés vers le sud dans des sites plus sûrs à Nyeel et Pariang. Les représentants des réfugiés ont accepté de transférer les enfants, compte tenu de leurs besoins en matière de sécurité et d’éducation formelle.

Au total, plus de 105.000 réfugiés soudanais originaires des Etats du Kordofan méridional et du Nil Bleu vivent en exil au Soudan du Sud. Par ailleurs, 30.000 réfugiés ont fui l’Etat du Nil Bleu vers l’Ethiopie.


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