L'ONU honore les membres de son personnel détenus ou portés disparus

Alec Collett ancien employé de l’ONU. Enlevé en 1985, son corps a été retrouvé en 2009

23 mars 2012 – En 2011, au moins 189 membres du personnel civil de l'ONU ont été détenus ou arrêtés par des États Membres pour leur appartenance à l'Organisation. Ces chiffres du Département de la sûreté et de la sécurité sont rappelés à l'occasion de la Journée de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus, le 25 mars.

Les enlèvements ne se sont pas arrêtés en 2012, a déploré la Présidente du Syndicat du personnel de l'ONU, Mme Barbara Tavora-Jainchill.

Le 12 janvier dernier, au Yémen, des groupes armés ont enlevé un employé du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et quatre autres employés de l'ONU, le 21 janvier. Au Darfour, au Soudan, une patrouille de 55 personnes a été détenue par des rebelles, du 19 au 21 février, avant d'être relâchée.

Le Département de la sûreté et de la sécurité indique qu'en 2011, 189 employés de l'ONU ont été détenus ou arrêtés par des États Membres, contre 55 en 2010. Dix-huit autres employés ont été kidnappés, contre 12 l'année précédente.

Toujours en 2011, deux employés du Programme alimentaire mondial (PAM) ont été enlevés en Éthiopie pendant plus d'un mois, tandis que trois membres des Services aériens d'aide humanitaire des Nations Unies ont été détenus au Darfour pendant près de cinq mois.

En outre, deux employés de l'Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) ont été détenus pendant des mois par les autorités soudanaises, en violation de l'accord sur le statut des forces.

« Les instruments internationaux de protection du personnel existent mais trop peu d'États Membres les mettent en œuvre », a tranché Mme Tavora-Jainchill, qui a fait observer que seuls 90 États Membres ont ratifié la Convention de 1994 sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé. Son Protocole facultatif de 2005 n'a été ratifié que par 27 États Membres.

La Journée de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus marque l'anniversaire de l'enlèvement d'Alec Collett, ancien journaliste et employé de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Enlevé par un groupe d'hommes armés en 1985, son corps a été retrouvé en 2009, et depuis, la Journée de solidarité honore sa mémoire et celle de tous ceux qui ont connu le même sort.

La commémoration annuelle de la Journée est organisée par le Syndicat du personnel de l'ONU et son Comité permanent sur la sécurité et l'indépendance de la fonction publique internationale.


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