Sri Lanka : l'ONU dénonce le harcèlement de défenseurs des droits de l'homme

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo ONU/Paulo Filgueiras

23 mars 2012 – La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a prévenu vendredi qu'il ne devait y avoir aucune représailles contre des défenseurs des droits de l'homme au Sri Lanka suite à l'adoption jeudi d'une résolution du Conseil des droits de l'homme sur ce pays.

« Lors de cette session du Conseil des droits de l'homme, il y a eu une profusion sans précédent et complètement inacceptable de menaces, de harcèlement et d'intimidations de militants sri lankais qui s'étaient rendus à Genève pour participer au débat, y compris par certains des 71 membres de la délégation officielle du gouvernement du Sri Lanka », a dit le porte-parole du Haut commissariat aux droits de l'homme (HCDH), Rupert Colville lors d'une conférence de presse à Genève.

L'Ambassadeur du Sri Lanka à Genève a également fait l'objet de menaces dans une lettre anonyme qui lui était adressée. La police suisse mène actuellement une enquête dans cette affaire.

Au Sri Lanka, des journaux, des chaînes de télévision et de radio ainsi que des sites d'information sur Internet ont depuis janvier diffusé une campagne de diffamation contre des personnes nommées et parfois montrées sur des photos, en les accusant d'être des traîtres, de se comporter comme des mercenaires et d'être associées à des groupes terroristes. Il y a eu des appels à peine masqués encourageant à détruire les maisons de militants des droits de l'homme et même des appels au meurtre.

« La Haut commissaire a noté que certaines de ces attaques contre les défenseurs des droits de l'homme sont diffusées dans les médias d'Etat du Sri Lanka et apparaissent sur des sites web du gouvernement. Les articles proviennent de journalistes, dont certains ont été accrédités pour couvrir la session du Conseil des droits de l'homme par la mission permanente du Sri Lanka », a expliqué M. Colville.

Navi Pillay « appelle le gouvernement à assurer la protection des défenseurs des droits de l'homme, à se dissocier publiquement de telles déclarations et à respecter le droits des citoyens du Sri Lanka à participer librement aux débats internationaux », a-t-il ajouté.


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