OMS : la tuberculose de l'enfant reste négligée malgré les remèdes

Laboratoire de recherche sur la tuberculose au Bangladesh. Photo: Fond mondial/Thierry Falise

23 mars 2012 – La tuberculose est souvent sous-diagnostiquée chez les enfants de la naissance à 15 ans en raison de leur manque d'accès aux services de santé ou parce que les agents de santé qui s'en occupent sont mal préparés pour reconnaître les signes et les symptômes de la tuberculose dans cette tranche d'âge.

Avec une meilleure formation et une harmonisation des différents programmes chargés de dispenser des services de santé aux enfants, les épisodes morbides graves et les décès dus à la tuberculose pourraient être évités chez des milliers d'enfants chaque année, ont déclaré à la veille de la Journée mondiale de la tuberculose, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Partenariat Halte à la tuberculose.

La Journée mondiale de lutte contre tuberculose, célébrée chaque année le 24 mars, commémore la présentation par le Dr Robert Koch à un groupe de médecins, en 1882 à Berlin, de sa découverte du bacille de la tuberculose, qui a marqué le début des efforts entrepris pour diagnostiquer et traiter la maladie. Dans ce domaine, l'action de l'OMS vise à réduire de moitié, d'ici 2015, la prévalence et le nombre de décès.

La Journée mondiale de lutte contre tuberculose a pour but de faire mieux connaître l'épidémie mondiale de tuberculose et les efforts entrepris pour éliminer la maladie. Un tiers de la population mondiale est aujourd'hui infecté par le bacille tuberculeux. Le Partenariat Halte à la tuberculose, réseau d'organisations et de pays qui luttent contre cette maladie, organise cette journée pour montrer l'ampleur de l'épidémie et présenter les moyens de prévention et de traitement.

« Nous avons fait des progrès en matière de tuberculose: les taux de mortalité ont baissé de 40% dans l'ensemble par rapport à 1990 et des millions de vie ont été sauvées », a déclaré le Dr Mario Raviglione, Directeur du Département OMS Halte à la tuberculose. « Mais malheureusement, dans une large mesure, les enfants ont été oubliés et la tuberculose de l'enfant reste une épidémie cachée dans la plupart des pays. Le moment est venu d'agir et de s'y attaquer partout. »

La plupart des familles exposées à la tuberculose vivent dans des conditions de pauvreté, connaissent mal la maladie et ne savent pas comment se faire soigner. Trop souvent, lorsque la tuberculose est diagnostiquée chez un adulte, on ne se préoccupe pas de vérifier que les enfants de la famille ne sont pas atteints. Or c'est indispensable car la plupart des enfants contractent la tuberculose auprès d'un parent ou d'un proche.

Tout enfant vivant dans l'entourage d'un patient tuberculeux et qui présente une fièvre et un retard de croissance inexpliqué peut avoir la maladie et son état devrait être évalué par un agent de santé. Ceux qui ne sont pas malades de la tuberculose devraient être protégés contre la maladie au moyen d'un traitement préventif par l'isoniazide. Ceux qui sont malades devraient être traités.

« Deux cents enfants meurent chaque jour de la tuberculose. Or il en coûterait moins de 3 cents par jour pour fournir un traitement qui éviterait que les enfants ne tombent malades et 50 cents par jour pour prodiguer un traitement susceptible de guérir la maladie », a déclaré le Dr Lucica Ditiu, Secrétaire exécutif du Partenariat Halte à la tuberculose. « Mais avant de pouvoir proposer des mesures de prévention ou un traitement, nous devons savoir quels sont les enfants exposés à la tuberculose, et cela nous ne le pourrons que si les gouvernements, la société civile et le secteur privé travaillent main dans la main. À partir d'aujourd'hui, mettons-nous d'accord: il est inconcevable de permettre qu'un seul enfant succombe à la tuberculose. »


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