L'ONU rappelle que le racisme alimente les conflits

Des enfants de la ville du Cap, en Afrique du Sud dans les années 1980, quand les mariages inter-raciaux étaient illégaux dans le pays.

21 mars 2012 – A l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale qui est célébrée le 21 mars, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a rappelé mercredi l'impact pernicieux du racisme qui compromet la paix la sécurité, la justice et le progrès social, détruit les individus et désagrège les bases mêmes de la société.

« En cette Journée internationale placée sous le thème 'Racisme et conflit', mes pensées vont aux victimes. Le racisme et la discrimination raciale sont des armes engendrant la peur et la haine. Dans des cas extrêmes, des dirigeants inhumains distillent le racisme pour inciter au génocide et provoquer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité », déclare Ban Ki-moon dans un message.

Il existe pourtant de nombreux traités et outils ainsi qu'un cadre d'ensemble à l'échelle planétaire pour prévenir et éradiquer le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui en découle. Mais le racisme demeure un fléau pour des millions de personnes partout dans le monde. Il se nourrit de l'ignorance, des préjugés et des stéréotypes, souligne le Secrétaire général.

L'ONU réagit en encourageant l'inclusion, le dialogue et le respect des droits de l'homme. Lorsque des sociétés ont été ébranlées par un conflit, l'ONU s'efforce de promouvoir des processus de paix et de consolider la paix en favorisant l'inclusion, le dialogue, la réconciliation et les droits de l'homme. « Il faut bien souvent éradiquer le racisme et les préjugés pour que certaines sociétés déchirées par la guerre puissent se reconstruire », affirme le Secrétaire général.

« Je vous demande à tous de conjuguer vos efforts avec ceux des Nations Unies pour éliminer le racisme. Nous devons, individuellement et collectivement, éradiquer le racisme, l'opprobre et les préjugés », conclut-il dans son message.

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a rappelé aussi que la relation entre racisme et conflit est bien établie et possède des racines profondes. Un des premiers indicateurs de violence potentielle est le non respect chronique des droits des minorités. Un sondage mené par une ONG internationale a révélé qu'entre 2007 et 2009, plus de 55% des conflits violents et de forte intensité avaient à leur source des violations des droits des minorités ou des tensions entre communautés.

« Il est nettement préférable de prévenir de tels conflits plutôt que de tenter, plus tard, d'éteindre les flammes et d'entreprendre des processus laborieux de reconstruction, de réconciliation et de justice, sans parler du coût humain et social. Mais le problème réside dans le fait que les signes avant-coureurs de préjugés et de discorde sont trop souvent ignorés, et ce n'est que lorsque les signes plus tardifs, plus sinistres émergent que les Etats et la communauté internationale réagissent », a indiqué Mme Pillay.

Il y a 20 ans, la Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques a clairement identifié le lien entre la stabilité politique et sociale et la promotion et la protection des droits des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques. Les Etats ont aussi reconnu dans la Déclaration et le Programme d'action de Durban que le racisme et la discrimination raciale sont parmi les causes profondes de nombreux conflits internes et internationaux.

« En cette Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, j'appelle tous les Etats à prêter attention aux signes avant-coureurs de préjugés, de stéréotypes, d'ignorance ou de xénophobie. Je les appelle à venir à bout, de toute urgence, de la marginalisation et de l'exclusion d'individus appartenant à certaines communautés dans la prise de décisions politiques et économiques », a déclaré Mme Pillay.

La Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a noté de son côté que la discrimination raciale revêt de nombreuses formes, mais que chacune est un affront aux droits de l'homme et à la dignité.

« Le racisme affaiblit les liens qui unissent les sociétés. Il jette une ombre sur le destin commun de l'humanité, semant les graines de la méfiance et de la discorde. Ces dangers sont exacerbés dans un monde qui change rapidement. Le dialogue et la tolérance sont essentiels dans des sociétés qui sont de plus en plus diversifiées et connectées », a dit Mme Bokova à l'occasion de la Journée.


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