Navi Pillay rappelle l'importance des droits de l'homme dans la lutte contre le sida

La Haut commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

20 mars 2012 – La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a rappelé mardi l'importance de respecter les droits des personnes porteuses du virus du VIH pour mieux combattre le sida, lors d'un débat sur le VIH au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève.

« Quand le virus du sida a été découvert il y a 30 ans, le monde a pris peur. Nous avons réagi de façon excessive face à cette maladie inconnue et nous avions peur de pouvoir être contaminés par le toucher ou en respirant le même air », a dit Mme Pillay.

« Aujourd'hui les nouvelles infections et le nombre de décès liés au sida sont au plus bas de l'histoire de la maladie. Quelques 14 millions de personnes bénéficient maintenant d'un traitement vital. 2,5 millions de décès ont été évités depuis 1995, et en 2010, 48% des femmes enceintes porteuses du virus ont reçu un traitement pour empêcher la transmission du virus aux enfants », a-t-elle ajouté.

L'exemple du VIH montre selon la Haut commissaire que la négligence des droits de l'homme exacerbe les vulnérabilités. Le manque de respect de ces droits ont contribué au développement de la maladie en renforçant les discriminations, la marginalisation et l'exclusion des séropositifs. Même si d'importants progrès ont été faits à la fois sur le plan médical et sur le plan social, il reste de nombreux défis.

« Notre point de départ pour lutter contre cette épidémie doit être la reconnaissance de toute personne comme égale en droits. La Déclaration universelle des droits de l'homme et la Charte des Nations Unies confirment cela et ont transformé ce principe en obligations contraignantes », a rappelé Mme Pillay en précisant que chacun a le droit d'être impliqué dans l'élaboration des choix politiques qui les concernent.

Une approche au VIH/sida basée sur les droits de l'homme doit aussi mesurer l'impact des politiques et des programmes mis en place, afin d'assurer que les lois et les pratiques n'exacerbent pas la vulnérabilité face au VIH et que les discriminations soient éliminées. Il faut donc s'attaquer aux discriminations et aux abus, dont la violence contre les femmes qui les rendent plus exposées au risque de contamination du VIH.

« Financer la lutte contre le sida n'est pas seulement nécessaire, c'est une obligation légale selon les droits de l'homme. Nous ne devons pas permettre à la crise économique actuelle de remettre en cause les avancées que nous avons pu faire jusqu'à présent », a souligné Mme Pillay au sujet du financement de la lutte mondiale contre le sida.


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