RDC : l'ONU déplore des violations des droits de l'homme lors des élections

Une observatrice dans un bureau de vote à Kinshasa lors de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 en RDC. Photo MONUSCO/Myriam Asmani

20 mars 2012 – La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a condamné mardi les violations graves des droits de l'homme, dont des meurtres, des disparitions et des détentions arbitraires, commises à Kinshasa par les forces de sécurité congolaises dans le contexte des élections présidentielle et législatives de 2011 en République démocratique du Congo (RDC).

Un rapport de l'ONU publié mardi recense le meurtre d'au moins 33 personnes par les forces de sécurité à Kinshasa, entre le 26 novembre et le 25 décembre 2011. Les enquêtes menées par l'ONU ont montré qu'au moins 83 personnes ont été blessées et au moins 16 personnes sont toujours portées disparues. Plus de 265 personnes ont été arrêtées et maintenues en détention arbitraire. Il y a aussi des témoignages concordants et corroborés de torture lors de détentions.

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exhorté les autorités congolaises à s'assurer que les enquêtes sur les violations graves des droits de l'homme documentées dans ce rapport soient indépendantes, impartiales et crédibles.

« Nous avons reçu plusieurs comptes rendus décrivant la Garde républicaine tirant à balles réelles sur les foules, et d'individus détenus arbitrairement soumis à la torture », a déclaré Navi Pillay. « Les autorités doivent s'assurer que des enquêtes soient menées sur ces violations graves des droits de l'homme, que les auteurs soient traduits en justice, et que ceux qui sont encore détenus illégalement soient libérés sans délai ».

La plupart des violations des droits de l'homme citées dans le rapport impliquent la Garde républicaine, la Police nationale congolaise, en particulier des agents de la Légion nationale d'intervention et des agents du Groupe mobile d'intervention, ou l'Agence nationale de renseignements. D'après le rapport, dans une moindre mesure, des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont aussi impliqués.

Bon nombre des violations citées dans le rapport furent perpétrées sur des personnes à cause de leur appartenance réelle ou présumée au parti d'opposition d'Etienne Tshisekedi, principal adversaire à l'élection présidentielle du Président Joseph Kabila candidat à sa réélection, ou à une des provinces dans lesquelles il bénéficie d'un soutien important.

Malgré les difficultés initiales que l'équipe a rencontrées au cours de son enquête pour accéder aux centres de détentions, rencontrer les victimes et les témoins, le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l'homme a noté l'engagement du gouvernement à faire face aux violations rapportées par l'équipe d'enquêteurs, après avoir examiné et commenté le rapport.

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la République démocratique du Congo, Roger Meece, a exprimé sa satisfaction face à l'engagement du gouvernement à poursuivre des enquêtes judiciaires et le combat contre l'impunité, pour prévenir toute violation similaire des droits de l'homme.

« La MONUSCO attend avec impatience le résultat de l'enquête judiciaire et se tient prête à continuer à aider et soutenir les autorités judiciaires de la RDC pour identifier et traduire les coupables en justice,» a déclaré M. Meece. « Les poursuites et les procès récents entrepris avec l'appui de la MONUSCO à travers le pays ont conduit à l'arrestation d'un nombre significatif d'auteurs de violations des droits de l'homme. Je me réjouis de ces développements récents et de la coopération positive entre la MONUSCO, l'armée de la RDC et les autorités judiciaires civiles. »


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