Guatemala : l'ONU souligne le besoin de renforcer la primauté de la loi

La Haut commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

16 mars 2012 – A l'issue d'une visite au Guatemala, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a estimé que le pays devait choisir entre rompre avec le passé et se transformer en Etat moderne respectueux des droits de l'homme ou bien perpétuer le vieux système bénéficiant seulement à une infime minorité.

« J'ai vu des signes encourageants que le pays souhaite faire le bon choix », a indiqué Mme Pillay lors d'une conférence de presse jeudi au Guatemala.

Elle a salué la décision du Guatemala de ratifier le Statut de Rome, le traité qui a créé la Cour pénale internationale (CPI), en soulignant que cette décision était un signal clair qu'il n'y avait pas d'impunité pour les crimes graves.

« Il est encourageant qu'au cours des deux dernières années et pour la première fois, des affaires de violations des droits de l'homme qui ont eu lieu dans le passé ont été poursuivies en justice, telles que les condamnations des personnes impliquées dans le massacre de Dos Erres, ou encore les poursuites engagées contre les personnes suspectées d'avoir organisé un génocide dans la région de Ixil, dont un ancien Président de facto », a déclaré Mme Pillay.

La Haut commissaire a cependant déploré la grande insécurité, les nombreux crimes et la violence au Guatemala et elle a condamné la violence du crime organisé. En même temps, elle a rappelé que même les pires atrocités ne justifiaient pas que l'Etat sorte du cadre légal.

« Afin de combattre l'insécurité, la violence et le crime, nous devons d'abord examiner les raisons de fond, puis adopter une stratégie complète qui prenne en compte la prévention de la violence, le contrôle, les sanctions, la réhabilitation et la protection des groupes exposés, et qui est ancrée dans le respect des droits de l'homme », a souligné Mme Pillay.

La Haut commissaire a fait part de sa préoccupation particulière concernant l'impact de projets d'investissements économiques sur les droits des peuples autochtones, en rappelant que le Guatemala était l'un des grands promoteurs de la déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones.

« Partout où je suis allée, j'ai compris qu'il existe des divisions croissantes et je constate que les occasions pour effectuer un rapprochement deviennent de plus en plus rares avec le temps. Mêmes si les peuples autochtones forment la majorité de la population, ils continuent à faire l'objet d'exclusion et de déni de leurs droits humains », a expliqué Mme Pillay.

Finalement, elle a constaté que 15 ans après la signature d'un accord de paix qui devait mettre fin à la violence au Guatemala, les dispositions de l'accord n'ont toujours pas été mises en œuvre.

« Cet accord est toujours valable et il contient un agenda que la Guatemala devrait suivre pour obtenir une paix durable, relancer le développement et la réconciliation dans le respect des lois et des droits de tous les Guatémaltèques », a rappelé Mme Pillay.


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