Les défenseurs des droits dans le monde ont besoin de protection - experte

La Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Margaret Sekaggya (à droite).

5 mars 2012 – La Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Margaret Sekaggya, a estimé lundi qu'il fallait de toute urgence protéger les défenseurs des droits de l'homme à travers le monde alors qu'ils sont confrontés à des risques affectant souvent directement leur intégrité physique.

« Les journalistes, les défenseurs des droits des étudiants et de la jeunesse et ceux qui travaillent sur les questions foncières ont vraiment besoin de protection », a dit Mme Sekaggya devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève lors de la présentation de son rapport sur la situation des défenseurs des droits de l'homme. « La plupart de ces risques affectent directement leur intégrité physique et celle des membres de leur famille, mais impliquent aussi l'utilisation abusive des cadres juridiques à leur encontre et la criminalisation de leur travail. »

L'Experte indépendante des Nations Unies a noté que les événements mondiaux récents ont montré que les journalistes et les autres employés des médias qui informent sur les questions de droits de l'homme sont particulièrement vulnérables. « Leur travail est d'une extrême importance pour que les gouvernements rendent des comptes. Cependant, ces mêmes gouvernements les répriment souvent, notamment à travers des menaces, du harcèlement, des arrestations, des détentions, et dans le pire des cas, des meurtres », a-t-elle souligné.

Selon elle, le « printemps arabe » a permis de concentrer l'attention internationale sur les risques extraordinaires auxquels sont confrontés les défenseurs des droits de l'homme dans toutes les régions du monde.

Le « printemps arabe » a notamment mis en lumière la situation des défenseurs des droits des jeunes et des étudiants. « L'Histoire nous montre que les jeunes et les étudiants ont joué un rôle clé dans la promotion des droits de l'homme et pour introduire de nouvelles idées au programme des droits humains. Toutefois, les membres de mouvements de jeunes et d'étudiants sont souvent considérés comme des fauteurs de troubles et non des acteurs sérieux qui peuvent utilement contribuer au débat public », a déclaré Mme Sekaggya. « Leurs voix méritent d'être entendues, et ils ne devraient pas être menacés en raison de leur engagement. »

La Rapporteuse spéciale a également noté qu'il y avait « un équilibre délicat entre le développement économique et le respect des droits de l'homme des communautés locales ». Elle a insisté sur le cas des défenseurs des droits travaillant sur les questions foncières et environnementales, telles que l'impact des industries extractives. « Leur travail est essentiel dans ce contexte mais, malheureusement, il est sujet à de nombreux risques », a-t-elle dit.

« Les défenseurs des droits humains ont le droit à la protection, et il est de la responsabilité de l'État d'assurer cette protection, de sorte que les défenseurs puissent effectuer leur travail important et légitime dans un environnement favorable, » a-t-elle conclu.


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