Syrie : les autorités ont commis des crimes contre l'humanité, selon l'ONU

Le Président de la Commission d’enquête sur la Syrie, Paulo Pinheiro. Photo ONU/ Jean-Marc Ferre

23 février 2012 – Le gouvernement syrien a failli à sa responsabilité de protéger sa population et les forces gouvernementales ont commis des violations des droits de l'homme si graves qu'elles constituent des crimes contre l'humanité. C'est la conclusion de la version finale du rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie présentée jeudi au Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

La Commission d'enquête, qui est constituée de trois experts, Paulo Pinheiro, Yakin Erturk et Karen Koning AbuZayd, a conclu que la crise actuelle des droits humains en Syrie est le résultat de plusieurs facteurs mais qu'elle est surtout dû au fait que le gouvernement a refusé de prendre acte des revendications sociales, économiques et politiques légitimes de la population.

« La réaction des forces de sécurité à ce qui a commencé par des manifestations pacifiques a fait que la situation a dégénéré en affrontements armés. Un an plus tard, la Syrie se trouve maintenant au bord de la guerre civile », a mis en garde la commission d'enquête.

La situation socio-économique de la Syrie a été fortement détériorée par la crise et la vaste majorité de la population se trouve désormais dans une situation difficile pour satisfaire ses besoins de base. La Commission d'enquête déconseille l'imposition de sanctions économiques qui risqueraient d'aggraver encore davantage la situation de la population, et particulièrement celle des groupes les plus vulnérables.

« Le gouvernement a manifestement manqué à sa responsabilité de protéger la population. Ses forces ont commis de graves et systématiques violations des droits de l'homme, qui s'apparentent à des crimes contre l'humanité, ce qui était connu et accepté par les plus hautes sphères de l'Etat », ont souligné les enquêteurs.

« Les groupes armés anti-gouvernementaux ont aussi commis des abus, même si ceux-ci ne sont pas comparables en ampleur et l'ont été de façon moins organisée que ceux commis par les autorités », ont-ils ajouté.

Réagissant à la publication du rapport de la commission d'enquête, le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Anthony Lake, s'est dit consterné par l'impact de la violence sur les enfants en Syrie.

« De plus en plus d'enfants sont tués ou blessés. Les blessés sont souvent privés de soins médicaux et beaucoup d'enfants ont été témoins de la violence et ont perdu des proches. Il est profondément choquant d'entendre des familles syriennes supplier pour de l'aide et d'assister à la souffrance des enfants », a dit M. Lake dans une déclaration à la presse.


News Tracker: autres dépêches sur la question

Syrie : l'Assemblée générale adopte une résolution exigeant la fin des violences

En savoir plus





Coup de projecteur