Honduras : l'ONU rappelle que les Etats sont responsables des prisonniers

Rupert Colville, porte-parole de la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

17 février 2012 – Le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), a exprimé vendredi son profond regret concernant la mort de plus de 350 personnes dans l'incendie de la prison de Comayagua en Honduras.

Le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, a déclaré que le Haut commissariat soutenait pleinement l'établissement d'une enquête complète et indépendante pour établir les causes de l'incendie et pour examiner si les conditions de détention dans la prison ont contribué à cette énorme perte en vies humaines.

« Nous exhortons le gouvernement à assurer que les familles de tous les détenus de la prison de Comayagua soient informés en détail sur la situation de leurs proches sans attendre », a déclaré M. Colville lors d'un point de presse à Genève. La prison qui est conçue pour accueillir 250 détenus en comptait apparemment plus de 800 au moment de l'incendie.

« Nous demandons également au gouvernement de prendre des mesures de toute urgence pour éviter que ce type d'incident puisse se reproduire, conformément aux recommandations d'organisations régionales et internationales de défense des droits de l'homme, dont l'ONU et la Commission interaméricaine des droits de l'homme. L'incendie meurtrier de cette semaine est le troisième de ce type en Honduras depuis une décennie », a-t-il ajouté.

La Commission interaméricaine a appelé le gouvernement de Honduras à mener une enquête concernant le décès des prisonniers afin de déterminer les responsabilités et sanctionner ceux qui en seraient responsables. La Commission a rappelé qu'un autre cas est actuellement en cours de jugement par la Cour interaméricaine des droits de l'homme concernant la mort de 107 détenus de la prison de San Sula en 2004.

Dans le rapport d'enquête, la Commission a d'ores et déjà conclu que les morts étaient dues à plusieurs défaillances structurelles, qui étaient connues par les autorités mais qui n'ont pas été réparées et revues à temps.

« Le HCDH est préoccupé par les problèmes qui affectent les prisons et qui ne se limitent pas au Honduras. Au cours des dernières semaines, il y a eu une vague de violence dans les prisons de l'Amérique latine, qui a fait des morts en Uruguay, en Argentine, au Venezuela et au Chili. L'année dernière cinq détenus ont trouvé la mort dans une incendie dans un centre de rétention pour mineurs au Panama », a rappelé M. Colville.

Ces incidents reflètent une tendance à la violence carcérale dans la région et qui est une conséquence directe des problèmes endémiques comme la surpopulation, le manque d'accès à des services de base comme l'eau potable, la nourriture, les soins médicaux et le manque d'assainissement et de mauvaises conditions d'hygiène. A cela s'ajoute des retards dans les procédures légales et un usage excessif de la détention provisoire.

« Les Etats ont l'obligation d'assurer des conditions de détention compatibles avec l'interdiction des traitement et de punitions cruels, inhumains ou dégradants, y compris la torture. Tous les individus privés de leur liberté ont le droit de bénéficier d'un traitement humain et qui respecte leur dignité, conformément aux instruments internationaux des droits humains », a souligné M. Colville.


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