Syrie : l'Assemblée générale adopte une résolution exigeant la fin des violences

L’Assemblée générale des Nations Unies

16 février 2012 – L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté jeudi une résolution qui demande au gouvernement syrien de faire cesser toutes les violences contre sa population et d’autoriser les secours humanitaires à apporter une aide aux personnes qui en ont besoin.

Dans cette résolution adoptée par 137 votes en faveur, 12 votes contre et 17 abstentions, les Etats membres condamnent fermement « la poursuite des violations généralisées et systématiques des droits de l'homme et des libertés fondamentales par les autorités syriennes. »

Le texte « exhorte le gouvernement syrien à mettre immédiatement fin à toutes les violations des droits de l'homme et aux attaques contre des civils, à protéger sa population, à respecter pleinement les obligations que lui impose le droit international. » Il condamne « toutes les violences, d'où qu'elles viennent ».

La résolution exige que, sans plus tarder, « le gouvernement syrien fasse cesser toutes les violences et protège sa population; libère toutes les personnes qui ont été détenues arbitrairement en rapport avec les récents incidents; retire toutes les forces armées et militaires syriennes des villes et agglomérations et les fasse réintégrer leur caserne d'origine; garantisse la liberté de manifester pacifiquement. »

L'Assemblée générale des Nations Unies demande que soit engagé « un processus politique sans exclusive qui soit dirigé par les Syriens et qui se déroule dans un climat exempt de violence, de peur, d'intimidation et d'extrémisme afin de répondre concrètement aux aspirations et aux préoccupations légitimes du peuple syrien. »

La résolution soutient sans réserve « la décision prise par la Ligue des États arabes le 22 janvier 2012 visant à faciliter une transition politique dirigée par les Syriens vers un système politique démocratique et pluraliste ».

L'Assemblée générale des Nations Unies prie le Secrétaire général et tous les organes compétents de l'ONU d'apporter leur concours aux efforts de la Ligue des États arabes par des missions de bons offices visant à promouvoir le règlement pacifique de la crise syrienne, y compris en nommant un envoyé spécial, et par une assistance technique et matérielle, en consultation avec la Ligue.

La résolution « engage les autorités syriennes à autoriser les secours humanitaires à apporter en toute sécurité et en toute liberté une aide humanitaire aux personnes qui en ont besoin. »

Par ailleurs, l'Assemblée générale réaffirme « son attachement inébranlable à la souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et à l'intégrité territoriale de la République arabe syrienne. »

Dans une déclaration à la presse de son porte-parole, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est félicité de l’adoption de la résolution par l’Assemblée générale et a appelé "les autorités syriennes à entendre l’appel de la communauté internationale et la voix du peuple syrien."

Le Président de l’Assemblée générale, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, s’est également félicité de l’adoption du texte, estimant qu’il s’agissait "d’un jour important pour l’Assemblée générale", selon un communiqué de sa porte-parole. "Cela montre que les Etats membres, à travers l’Assemblée générale, veulent agir pour maintenir la stabilité et la sécurité en Syrie", a dit M. Al-Nasser. Il a appelé de nouveau le Président syrien Bachar Al-Assad et son gouvernement "à coopérer pleinement avec la Ligue des Etats arabes, les Nations Unies et la communauté internationale pour réaliser la paix, la stabilité, l’unité et la démocratie en Syrie."

Le 4 février, la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont mis leur veto à un projet de résolution appelant à mettre fin à la répression en Syrie. Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait alors regretté profondément que le Conseil de sécurité n'ait pas été en mesure de se mettre d'accord sur une résolution soutenue par la Ligue des Etats arabes.

« L'absence d'accord au Conseil de sécurité n'est pas une autorisation donnée au gouvernement (syrien) pour continuer son assaut contre son propre peuple », a répété jeudi Ban Ki-moon, avant l’adoption de la résolution de l’Assemblée générale, lors d'une conférence de presse en Autriche où il se trouve en visite. « Plus le débat dure longtemps, plus de gens mourront ».


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